/news/currentevents
Navigation

Ugo Fredette coupable des meurtres au premier degré de Véronique Barbe et Yvon Lacasse

Le tueur écope automatiquement de la prison à vie sans libération avant 25 ans

Coup d'oeil sur cet article

 SAINT-JÉRÔME | Ugo Fredette a été reconnu coupable de deux meurtres prémédités samedi matin au palais de justice de Saint-Jérôme.  

 «Coupable de meurtre au premier degré», a solennellement répété le juré numéro 9, devant une salle remplie des proches des victimes se tenant la main.    

 Ceux-ci ont fondu en larmes après l’annonce des verdicts.    

 Au terme d’un procès de cinq semaines, le jury composé de neuf hommes et trois femmes a mis un peu plus de deux jours pour en arriver à deux verdicts unanimes.    

 Debout dans le box vitré des accusés, vêtu d’un complet gris et d’une chemise noire, Ugo Fredette a accueilli la décision sans broncher.    

 Avant l’entrée des jurés, il a longuement fixé la famille de Véronique Barbe, assise au premier rang.    

  

Véronique Barbe
Facebook
Véronique Barbe

  

 L’homme de 44 ans était accusé des meurtres prémédités de sa conjointe Véronique Barbe et d’Yvon Lacasse, un aîné dont il a volé le véhicule pour fuir avec un enfant de 6 ans.    

 Les deux homicides ont été commis le même jour, soit le 14 septembre 2017, respectivement dans la résidence du couple à Saint-Eustache et à une halte routière située à la jonction des routes 158 et 329, à Lachute, dans les Laurentides.    

 Pas de libération avant 50 ans ?  

 Ces verdicts de culpabilité signifient que le quadragénaire écope automatiquement d’une peine de détention à vie sans possibilité de libération avant 25 ans. Ce minimum pourrait même être éventuellement doublé par la juge de la Cour supérieure Myriam Lachance, puisqu’il y a deux victimes.    

 La Couronne a déjà annoncé son intention d’en faire la demande.    

 La juge Lachance a offert au jury la possibilité de lui formuler une recommandation à cet effet. Les 12 citoyens peuvent donc suggérer à la magistrate de faire purger à Ugo Fredette au moins 50 ans de détention avant d’être admissible à une libération conditionnelle.    

 Cela signifierait qu’il ne pourrait pas quitter le pénitencier avant l’âge de 91 ans.    

 La thèse de la Couronne retenue  

 Le jury a vraisemblablement cru la thèse de la Couronne, qui arguait que Fredette avait poignardé à 17 reprises la femme de 41 ans, après l’avoir harcelée, car il n’acceptait pas la rupture.    

 En couple depuis huit ans, l’accusé et la victime étaient dans une relation décrite par les témoins comme étant toxique, qui battait de l’aile depuis plusieurs mois.    

 La poursuite était également d’avis que le meurtre d’Yvon Lacasse avait été planifié par l’accusé, afin de se procurer un nouveau véhicule de fuite inconnu des autorités qui étaient à ses trousses. Selon le pathologiste, l’aîné a succombé à un traumatisme contondant à la tête.    

  

Yvon Lacasse
Photo courtoisie
Yvon Lacasse

  

 La défense prétendait quant à elle que Véronique Barbe avait provoqué son conjoint en le menaçant avec un couteau et que celui-ci avait réagi sous le coup de l’impulsion.    

 Pour ce qui est de l’homme de 71 ans, Fredette avait affirmé lors de son témoignage qu’il n’avait jamais eu l’intention de le tuer et qu’il s’était seulement battu avec lui afin de protéger l’enfant qui l’accompagnait.    

 Il a ensuite jeté son corps dans un boisé des Laurentides, où il a été découvert six jours plus tard en état de putréfaction avancée. Sa dépouille avait été la proie d’animaux sauvages.    

 Cavale de 24 heures  

 Après avoir tué les deux victimes, Fredette est parti en cavale pendant près de 24 heures avec un enfant de 6 ans. Il a conduit de l’Abitibi jusqu’en Ontario en passant par les Laurentides. La plus longue alerte Amber de l’histoire du Québec avait alors été déclenchée pour retrouver le bambin.    

 Il a finalement été arrêté par des agents de la police provinciale de l’Ontario, le 15 septembre 2017, au terme d’une poursuite ayant atteint des vitesses de 120 à 170 km/h.    

 En mars 2018, Fredette a plaidé coupable à des accusations de conduite dangereuse, de fuite, de possession d’un véhicule volé et pour avoir résisté à son arrestation, au palais de justice de Saint-Jérôme.    

 Il a écopé de trois mois de prison et d’une interdiction de conduire de trois ans pour ces délits.    

 Le jury n’était pas au fait de cette information au moment de commencer ses délibérations.    

 La Couronne était représentée par Mes Steve Baribeau, Karine Dalphond et Alexis Marcotte-Bélanger, tandis que Me Louis-Alexandre Martin représentait l’accusé. 

 Ils sont satisfaits du verdict 

 

  

«Dans les deux cas, c’étaient de bonnes personnes et ce sont des personnes qu’on est venu nous voler.» 

  

 – Daniel Barbe, frère de Véronique Barbe

  

«On va pouvoir prendre un nouveau départ, mais sans jamais oublier. C’est vraiment ce qu’on attendait comme verdict et on a été exaucés. [...] Ma fille, elle va pouvoir être libérée aussi et ressentir la paix et l’amour. On est 

tellement contents.» 

  

 – Claudette, mère de Véronique Barbe

  

«Jamais [mon père] n’aurait fait ce que l’avocat de la défense a supposé, ce que M. Fredette a écrit dans son scénario. [...] Nous, on la sait un peu, la vérité; M. Fredette s’en est créé une; libre à lui de la croire, mais personne 

ne l’a cru aujourd’hui.» 

  

 – Jennifer Lacasse, fille d’Yvon Lacasse

  

«Rien ne va effacer ou ne va ramener Mme Barbe et M. Lacasse. Mais c’est une étape importante du processus judiciaire pour les familles des victimes qui nous ont accompagnés tout au long du procès, tout au long du dossier, et je leur souhaite de continuer à vivre avec résilience et sérénité.» 

  

 – Me Steve Baribeau, procureur de la Couronne