/sports/fighting
Navigation

Beterbiev passe à l’histoire

Le pugiliste est devenu le premier Québécois à être sacré champion unifié

Beterbief
Photo courtoisie, Top Rank

Coup d'oeil sur cet article

PHILADELPHIE | Artur Beterbiev est tout sourire après sa victoire contre Oleksandr Gvozdyk. En mettant la main sur une deuxième ceinture chez les mi-lourds, il ne le savait pas, mais il venait d’écrire une page d’histoire de la boxe québécoise. 

Beterbiev est devenu le premier boxeur à être sacré champion unifié. Un exploit de grande envergure qu’il a réalisé devant une foule hostile de 3283 spectateurs au Liacouras Center à Philadelphie.  

Lorsqu’ils ont mis les pieds à Montréal en 2012, Beterbiev et son entraîneur Marc Ramsay avaient placé la barre haut pour la carrière professionnelle du Tchétchène. Ce dernier voulait être champion du monde, mais il voulait aussi obtenir toutes les ceintures de la catégorie des 175 lb. Il en a maintenant deux autour de sa ceinture, celles de l’IBF et du WBC.  

« Je suis très content », a mentionné Beterbiev dans le vestiaire quelques minutes après sa victoire. « C’était mon combat le plus important en carrière, et j’ai livré la marchandise.  

« J’ai travaillé fort afin de me préparer pour ce combat contre Gvozdyk. »  

Son entraîneur Marc Ramsay a vécu plusieurs belles victoires au cours de sa carrière. Par contre, il ne veut pas entrer dans le jeu des comparaisons à savoir si c’est son triomphe le plus significatif.  

« Chaque combat d’envergure, je prends un individu qui a des rêves et qui mise tout sur sa carrière dans la boxe, a-t-il expliqué. Artur fait de la boxe depuis qu’il a 11 ans. Je ne veux pas comparer cette victoire à celles que je peux avoir eues avec Jean [Pascal], David [Lemieux], Eleider [Alvarez] ou Oscar [Rivas].  

« Par contre, ce soir, c’est un autre niveau. C’est la première fois que j’ai un champion unifié. C’est un autre challenge que je voulais atteindre comme entraîneur, et Artur, comme boxeur. Une victoire pour mes petits gars, je suis tellement content. »  

Le coup décisif  

Au cours des sept premiers assauts, on a assisté à de la boxe de haut niveau. Le vent a basculé au huitième round.  

Un direct au corps de Gvozdyk a permis à Beterbiev d’amorcer son travail de démolition. Deux rounds plus tard, le protégé de Marc Ramsay envoyait son adversaire à trois reprises au plancher pour obtenir le knock-out technique.  

« C’est là que ça s’est joué, a confirmé Ramsay. C’est à ce moment que Gvozdyk a perdu ses jambes. Lorsqu’Artur est revenu dans le coin, je lui ai dit : “Il est fini. Tu me le finis maintenant.”  

« Sans être la panique, on devait commencer à gagner des rounds. »  

Dans le feu de l’action, Beterbiev a vu que le niveau d’énergie de son adversaire baissait. « Entre nos échanges, je voyais qu’il respirait par la bouche. Je savais qu’il allait manquer d’essence dans le réservoir. J’en ai profité. Pour ma part, j’étais frais et dispos. J’aurais été capable de me rendre jusqu’à la limite parce qu’il ne me faisait pas mal. »  

Pas un combat parfait  

Après le combat, on a appris que Gvozdyk était en avance sur deux des trois cartes des juges (87-83 et 86-85 en faveur de Gvozdyk et 87-83 en faveur de Beterbiev). L’Ukrainien a gagné plusieurs rounds grâce à son activité et son jab. Une stratégie qui a failli être payante.  

« Ce n’était pas le combat parfait, a précisé Ramsay. On savait dans quoi on s’en allait. On s’attendait à un combat compliqué et on savait que Gvozdyk était un excellent technicien.  

« Vers la fin, on se doutait qu’on était en retard sur la carte des juges. Je suis surpris que l’un des juges nous ait donné le combat. Je pensais qu’on tirait de l’arrière par deux ou trois rounds. Je faisais confiance au conditionnement d’Artur. »