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Québec solidaire exige un moratoire sur les «rénovictions»

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Québec solidaire réclame au gouvernement Legault l’imposition d’un moratoire pour contrer le phénomène des «rénovictions».

Cette pratique consiste à «se débarrasser» de locataires après des rénovations dans un immeuble dans le but d’augmenter le loyer.

Québec solidaire avait d’ailleurs choisi, dimanche, de tenir sa conférence de presse sur le Plateau-Mont-Royal, puisque la formation politique affirme que ce phénomène de «rénoviction» est particulièrement alarmant dans cet arrondissement.

«La loi est censée protéger les locataires des abus, mais les tricheurs de l’immobilier ont trouvé une façon d’en abuser: ils évincent des locataires qui n’ont rien à se reprocher sous prétexte de faire des rénovations», soutient la députée Ruba Ghazal.

«Sur Le Plateau-Mont-Royal, c’est rendu plus facile d’évincer son bloc appartements et d’augmenter les loyers que de dénicher un logement abordable. C’est le monde à l’envers», ajoute la députée de Mercier.

Quelque 300 locataires du Plateau se sont d’ailleurs plaints de cette situation cette année, c’est 10% de plus que l’an passé.

«En matière d’évictions abusives, l’année 2019 s’annonce déjà comme l’année de tous les records, et nous sommes en saison basse. Si rien n’est fait, rendu Noël, on aura droit à une pluie d’avis d’évictions pour le 1er juillet prochain», estime Andrés Fontecilla.

«Les gens les plus à risque sont les gens les plus vulnérables de notre société: familles précaires, gens seuls, personnes âgées. Ils sont chez eux dans nos quartiers et ils ont le droit d’y rester», soutient le député de Laurier-Dorion.

La «rénoviction» va souvent se traduire par l’éviction d’un locataire qui perd son logement abordable sous le prétexte que le propriétaire veut rénover, agrandir, subdiviser ou transformer le logement en condominium ou en appartement Airbnb.

Une atteinte à leurs droits, déplorent des locataires qui étaient présents à la conférence de presse. Certains d’entre eux disent avoir été victimes de harcèlement de la part des propriétaires qui exercent de la pression.

«Les travailleurs font beaucoup de bruit et de poussière. Les conditions deviennent insupportables», a indiqué un des locataires rencontrés par TVA Nouvelles.

En réaction, la ministre de l’Habitation, Andrée Laforest, via son cabinet, dit «avoir pris connaissance des demandes de Québec solidaire».

Un locataire peut contester le bien-fondé d’une éviction auprès de la Régie du logement. Le propriétaire s’expose à des dommages-intérêts punitifs importants s’il s’avère qu’une reprise du logement est frauduleuse.

Ceux-ci visent justement à dissuader les propriétaires de faire des reprises de loyer frauduleuses.