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Parents-Secours renaît depuis le drame de Granby

L’organisme en activité depuis 1976 est aujourd’hui relancé à 13 endroits au Québec

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 Le drame de la fillette martyre de Granby a bouleversé le Québec au point où l’organisme Parents-Secours a été inondé de messages de gens désireux de prêter assistance aux enfants. L’organisme s’est depuis implanté dans 13 nouveaux secteurs à travers la province.  

 

 Dans les semaines qui ont suivi le décès tragique de la fillette de sept ans qui aurait été martyrisée par son père et sa belle-mère, l’organisme Parents-Secours a reçu des centaines de courriels de parents souhaitant installer l’affiche rouge et blanche à une fenêtre de leur résidence, selon le DG de l’organisme Pierre Chalifoux.  

  • Écoutez l'entrevue de Pierre Chalifoux à QUB Radio avec Jonathan Trudeau

 

 Beaucoup de parents ont alors constaté qu’il n’y avait pas de comité pour chapeauter Parents-Secours dans leur secteur, et les plus motivés ont décidé de remettre les structures en place.  

 

 « Je prends ma retraite en décembre, ça va faire 10 ans que je suis là, et c’est la première fois qu’il y a eu une hausse aussi marquée que ça », dit M. Chalifoux.  

 

 Passer à l’action  

 

 Selon lui, plusieurs parents se sont sentis démunis devant la mort de la jeune fille qui avait sonné chez des voisins en pleine nuit et qui fouillait parfois dans les poubelles pour manger.  

 

 Ces adultes ont voulu passer à l’action, ce qui explique que six mois plus tard, plus d’une douzaine de nouveaux comités locaux sont en recrutement de foyers-refuges. L’organisme est présent dans un total de 121 villes ou arrondissements au Québec.  

 

 Les affiches de Parents-Secours signalent les résidences où les enfants et les aînés peuvent trouver un refuge s’ils se sentent menacés ou sont en difficulté. L’organisme est encore loin du succès qu’il avait dans les années 80 et 90, mais la tendance est à la hausse depuis le mois de mai.  

 

 Parents-Secours renaît notamment de ses cendres dans l’arrondissement Lachine, à Montréal, où il n’y avait plus de bénévoles depuis plus d’un an. La nouvelle présidente Roxanne Lesage, mère de trois enfants, avait effectivement été ébranlée par le drame de Granby.  

 

 Redoubler d’attention  

 

 « J’y ai pensé. Si elle avait eu Parents-Secours quand elle est allée cogner à la porte de la voisine, peut-être que tout ça ne serait pas arrivé », se questionne-t-elle.  

 

 Son conjoint Benoît Patenaude précise que ce drame n’est pas la seule raison qui les a poussés à agir.  

 

 « Mais c’est sûr qu’on a le goût de redoubler d’attention quand des choses comme ça arrivent », explique-t-il.  

 

 C’est la deuxième fois que Parents-Secours connaît un regain ces dernières années. Un phénomène similaire s’était fait ressentir quand Ariel Jeffrey Kouakou, un garçon de 10 ans, était disparu en mars 2018 dans le nord de Montréal, près de la rivière des Prairies, selon M. Chalifoux.  

 

 

 Des pancartes qui sont partout en province  

 

 

 Le nouveau souffle de Parents-Secours s’est fait sentir un peu partout en province, si bien que sept régions du Québec bénéficient maintenant de nouvelles structures.  

 

 Parents-Secours est en recrutement dans des secteurs de Montréal, de la Capitale-Nationale, de Lanaudière, de la Mauricie, du Centre-du-Québec, des Laurentides et de Chaudière-Appalaches.  

 

 La présidente du nouveau comité de l’Épiphanie dans Lanaudière, Dona Bouchard, confirme sans détour avoir voulu relancer Parents-Secours après le décès de la fillette de Granby.  

 

 « La raison première, c’est ça, à 200 %. C’est inhumain ce qui s’est passé », a-t-elle mentionné au Journal.  

 

 À Shawinigan, en Mauricie, l’élément déclencheur a été moins concret, mais Claudie Tremblay est effectivement passée à l’action après ce drame, qui l’avait bouleversée.  

 

 « Je me suis dit que si je pouvais aider juste un enfant, je serais heureuse », dit-elle.  

 

 Discussions  

 

 Dans certaines régions, il y avait déjà des discussions pour relancer Parents-Secours quand la fillette est décédée, ce qui a motivé les troupes.  

 

 Vicky Turcotte de l’Anciette-Lorette dans la région de la Capitale-Nationale souhaitait déjà reprendre le flambeau.  

 

 « L’événement a juste doublé mon désir de repartir ça », souligne-t-elle.  

 

 Même chose pour Sophie Roy qui y songeait depuis un moment du côté de Drummondville au Centre-du-Québec.  

 

 Un comité est en voie de formation du côté de Granby, selon Parents-Secours. Les démarches nécessaires à l’accréditation n’ont toutefois pas encore été complétées. 

 Qu’est-ce que Parents-Secours ?  

  •  Existe depuis 1976  
  •  Environ 2400 foyers-refuges dans la province  
  •  76 comités locaux couvrent 121 villes ou arrondissements au Québec  
  •  Pour devenir membre, il faut notamment accepter une vérification d’antécédents judiciaires et recevoir l’organisme à la maison pour une entrevue et une vérification des lieux.