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Un jeu truqué exécuté à la perfection

Le Rouge et Or a réussi un touché au 1er quart contre les Carabins qui a fait la différence

Le receveur Mathieu Robitaille a lancé une passe de touché de 44 verges dimanche contre les Carabins à Vincent Breton-Robert, une séquence peaufinée à l’entraînement la semaine dernière.
Photo d’archives, Stevens LeBlanc Le receveur Mathieu Robitaille a lancé une passe de touché de 44 verges dimanche contre les Carabins à Vincent Breton-Robert, une séquence peaufinée à l’entraînement la semaine dernière.

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Justin Éthier estime que la confiance dans les acteurs est l’élément clé dans la réussite d’un jeu truqué.

« Ils doivent être excités et ne pas faire un grand plat avec la stratégie utilisée, a raconté le coordonnateur offensif du Rouge et Or de l’Université Laval. Il ne faut pas que ça amène une grande dose de stress. Dimanche, tous les joueurs impliqués dans la séquence étaient excités. »

Jeu renversé

Dans une victoire de 16-3, dimanche, face aux Carabins de l’Université de Montréal, le jeu truqué du premier quart survenu après une punition aux Bleus pour avoir eu 13 joueurs sur le terrain au moment d’un botté de dégagement du Rouge et Or a pesé très lourd dans la balance.

Après un jeu renversé entre Félix Garand-Gauthier et Mathieu Robitaille, ce dernier a lancé une passe au porteur de ballon Vincent Breton-Robert qui a franchi les 44 verges le séparant de la zone des buts pour un touché qui procurait les devants 7-0 aux locaux.

« C’est dans cette zone [entre les lignes de 40 et 50] et du côté gauche du terrain qu’on voulait tenter le jeu si l’occasion se présentait, a expliqué Éthier. La décision a été prise en fonction de la position sur le terrain et non parce que Montréal avait écopé d’une punition. On savait qu’il y avait une possibilité que le numéro 1 [Redha Kramdi] “blitze” et j’avais demandé à Thomas Bolduc de se transformer en bloqueur, mais simplement en se plaçant devant lui parce qu’on ne voulait pas courir un risque avec notre quart-arrière. L’exécution s’est faite à la perfection et c’est un jeu difficile à défendre.

« Glen [Constantin] nous donne des idées en nous envoyant parfois des affaires, poursuit Éthier. On arrange ça à notre façon. Parce que je n’aime pas traîner des jeux truqués longtemps parce qu’il faut sacrifier du temps pour les jeux de base, on l’avait rentré cette semaine. »

Tournant

Éthier se dit satisfait de la prestation de son pivot recrue. « C’était un gros test pour Thomas, et, dans l’ensemble, il s’est très bien comporté, a-t-il mentionné au sujet de Bolduc qui a complété 17 de ses 27 passes pour 202 verges. Il a réussi une très belle prouesse [passe de 76 verges] sur le premier jeu du 4e quart en reconnaissant une couverture zéro. À la ligne de 12, on aurait aimé concrétiser pour un touché, mais la position de terrain a complètement changé et ce fut le tournant de la deuxième demie. Comme unité, on a progressé depuis le premier match à Montréal et c’était l’objectif. Nous étions plus en contrôle. »

Une défensive contre l’attaque terrestre plus coriace

La défensive du Rouge et Or voulait offrir une meilleure performance pour contrer l’attaque terrestre des Carabins à l’occasion du match retour, et les protégés de Marc Fortier ont atteint l’objectif fixé par le patron.

Auteur d’une performance de 138 verges en 21 courses au CEPSUM, le porteur de ballon Ryth-Jean Giraud a été limité à 35 verges en neuf courses, dimanche. « On a vraiment mieux fait pour arrêter le sol, a indiqué Fortier. Nous avons accordé 99 verges au total, mais ce fut principalement gagné par le quart-arrière. On voulait enlever le sol à leur porteur de ballon. Je suis vraiment content de la performance des joueurs. Tout coordonnateur défensif qui se respecte veut gagner la bataille du premier essai contre une équipe dont l’identité passe par le jeu au sol. »

Les plaqueurs de première année Jean-William Rouleau et William Desgagné ont bien joué tout comme le secondeur intérieur Frédéric Pongo qui n’était pas partant dans la défaite de 23-18 dans la métropole. « Contre une équipe dont les receveurs bloquent et qui ramène du monde dans la boîte offensive, tout le monde doit s’impliquer, a expliqué Fortier. Nos demis défensifs ont aussi été impliqués pour stopper le jeu au sol. »

Le Rouge et Or a terminé la rencontre avec sept sacs. « On a “blitzé” moins que lors du premier match, mais on l’a fait à de meilleurs moments, a souligné le coordonnateur défensif lavallois. Maxym [Lavallée] a très, très, très bien joué en réussissant de gros jeux à des moments importants et Adam [Auclair] a connu un solide match. Même s’il n’avait pas le rôle de spy pour suivre le quart-arrière, il a eu de belles réactions pour réussir des plaqués. »

Pongo blessé

Les Carabins ont réussi leurs deux meilleures poussées au 3e quart quand le quart-arrière Frédéric Paquette-Perrault a mis ses jambes à contribution. « Parce qu’on avait mis des ressources importantes pour arrêter le sol, il a fallu s’ajuster parce que ça libérait des espaces pour la passe, a expliqué Fortier. Paquette-Perrault montrait la course et passait. Ça ouvrait le sol. On a adopté une approche moins agressive pour arrêter la course. Ce n’était pas la fin du monde si on accordait une ou deux verges de plus par course. C’est une bonne chose qu’on ait pu voir à l’œuvre Paquette-Perrault. » Le transfert de McGill a amassé 64 verges en 14 courses.

Seule ombre au tableau, Pongo s’est blessé à une cheville au 3e quart sur une séquence où les Carabins ont converti un 3e essai et une verge à franchir à la faveur d’une faufilade du quart-arrière. Remplacé par le vétéran Christophe Gagné, le produit des Élans de Garneau n’est pas revenu au jeu.