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Ah! si j’étais Luc Dionne

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Avec District 31, Luc Dionne émerveille non seulement un million et demi de téléspectateurs chaque soir, mais il stupéfie tous les auteurs.

Comment ce diable d’homme, qui semble toujours au-dessus de ses affaires, comme on dit, en est-il arrivé à pondre plus de 500 épisodes sans que jamais l’intérêt ne se relâche ? Aurait-il percé le secret de la potion magique que devait sûrement avaler Georges Simenon, auteur de 75 romans seulement sur le commissaire Maigret ?

Je prends plaisir à suivre les péripéties des hommes du commandant Daniel Chiasson (dont le personnage est en train de coller à la peau de Gildor Roy comme Séraphin Poudrier a fini par avoir celle de Jean-Pierre Masson), mais je me dis qu’il faudra bien qu’un jour ou l’autre, Luc Dionne et ses producteurs passent à autre chose.

Quel milieu serait-il aussi palpitant et aussi fourmillant d’intrigues que celui de la police ? Après la campagne électorale qui vient de se terminer et des résultats si serrés qu’ils promettent mille et un rebondissements pour des mois à venir, il me semble que la politique devrait être d’emblée le choix de Luc Dionne.

UN MILIEU QU’IL CONNAÎT

Le milieu ne lui est pas inconnu. Il y a près de 20 ans, Dionne a connu du succès avec Bunker, le cirque. La minisérie ne comptait que 11 épisodes, elle était écrite et réalisée dans un style qu’on voit rarement à la télévision, mais elle a beaucoup fait parler.

Bunker avait choqué la plupart des politiciens. Pauline Marois pour une, vice-première ministre à l’époque, était outrée. « La série m’a levé le cœur, avait-elle déclaré dans une entrevue avec Anne-Marie Dussault. C’est un ramassis de tous les préjugés qu’on a sur nous. Ça m’atteint et ça me blesse. »

Depuis Bunker à Radio-Canada et Si la tendance se maintient à TVA, une minisérie humoristique assez quelconque avec Michel Côté, nos réseaux de télé n’ont mis à l’horaire aucune série politique. C’est d’autant plus difficile à comprendre que durant ce temps, plusieurs séries américaines du genre ont cassé la baraque.

DE VRAIES SÉRIES CULTES

The West Wing est la plus célèbre. Même si Aaron Sorkin, son créateur, n’a écrit que les quatre premières saisons, la série n’a rien perdu de son mordant par la suite. On y a mis fin après sept saisons. House of Cards avec Kevin Spacey et Robin Wright a établi des records d’écoute partout où elle a été présentée. Si Spacey n’avait pas été accusé d’agression et de harcèlement sexuel, la série serait sûrement encore en production. Elle compte tout de même 73 épisodes.

Malgré une avalanche de trophées, dont 17 Emmy, la série satirique Veep, avec Julia Lois-Dreyfus en présidente américaine, n’aura pas de huitième saison. David Mandel, son show runner, a décidé qu’il vaut mieux arrêter en pleine gloire qu’étirer la sauce. Quant à Designated Survivor, avec Kieffer Sutherland comme président des USA, elle aura duré trois saisons.

L’odieuse campagne électorale qu’on vient de vivre, les fake news de harcèlement sexuel, la photo de Justin Trudeau en black face, l’affaire Lavalin, le renvoi de deux ministres, les calomnies des conservateurs sur Maxime Bernier, les promesses farfelues, les insultes en série, etc., il y a de quoi alimenter de nombreux épisodes d’une série politique.

Ah ! si seulement j’étais Luc Dionne...