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Hillary Clinton devrait se taire

Hillary Clinton devrait se taire
AFP

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Après avoir dénoncé vigoureusement les théories du complot dont son ancien rival est friand, Hillary Clinton utilise la même stratégie contre la candidate démocrate Tulsi Gabbard.  

J'amorce ce billet en y allant d’une «confession». Si j’ai du respect pour l’intelligence, les compétences et la longue expérience de Hillary Clinton, je n’ai jamais considéré qu’elle était une candidate solide et je crois que le temps est venu pour son mari et elle de quitter la scène politique. La candidate défaite en 2016 est un personnage qui polarise beaucoup: autant certains l’adorent, autant d’autres la détestent.  

Le couple a régné sur le Parti démocrate pendant une longue période, mais, en appuyant aussi longtemps ces deux bêtes politiques, on s'engageait à traîner de nombreuses casseroles. Non seulement Bill est-il devenu un boulet pour sa conjointe lors de la dernière campagne (comment reprocher à Trump ses aventures ou son comportement avec les femmes quand on connaît le passé de Bubba?), mais Hillary elle-même a quelques squelettes dans son placard. En gros, bien des électeurs ne s’embarrassent pas des nuances et, à leurs yeux, peu de choses distinguent Trump et les Clinton en ce qui concerne la réputation.  

Malgré de cruels revers en 2008 et 2016, Hillary semble incapable de résister aux sirènes des médias et des réseaux sociaux. Je suis loin d’être convaincu que ses tirades favorisent sa formation politique. Sa plus récente déclaration a soulevé une controverse. Après le dernier débat démocrate, elle n’a pas manqué de critiquer sévèrement la représentante d’Hawaï Tulsi Gabbard.  

Mme Clinton aurait pu se contenter de reprocher à Gabbard sa position sur le conflit syrien. La jeune représentante dénonce la politique américaine dans cette région de la planète. Pour elle, les stratégies d’Obama ou de Trump ne visaient qu’à encourager un changement de régime, pratique qu’elle dénonce vigoureusement. Plutôt que d’affirmer simplement, comme Pete Buttigieg l’a fait, que les États-Unis devaient demeurer sur place pour honorer la parole donnée aux alliés et pour s’assurer de détruire l’État islamique, Hillary a poussé le bouchon. Trop loin.  

À une critique sensée et appuyée, elle a ajouté que Gabbard était une candidate encouragée par la Russie, un atout pour Vladimir Poutine. Non seulement le coup est porté par une démocrate contre une démocrate, mais on se demande encore où sont les preuves. Si Gabbard n’est pas une politicienne conventionnelle et qu’il lui arrive de semoncer vertement son parti et les dirigeants, elle ne méritait pas un traitement digne des attaques gratuites portées par Donald Trump. On ne peut reprocher à ce dernier des fake news pour ensuite recourir au même stratagème.  

Vivement que le couple Clinton passe à autre chose et que le Parti démocrate tourne la page. Pour le bien du parti en prévision de l’élection de 2020, Hillary devrait se taire.  

Dans le New York Times de ce matin, Tim Wu se fendait d'une réflexion similaire. C'est ici.