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Le système de protection de la jeunesse est «malade» et «désuet»

Régine Laurent
Capture d'écran, TVA NOUVELLES Régine Laurent

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La présidente de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse a dressé un constat d’échec en qualifiant de «malade» et de «désuet» notre système de protection de la jeunesse, mardi.

Au premier jour des audiences, Régine Laurent a affirmé que cette situation est désolante et que notre société a failli à sa responsabilité de protéger les enfants les plus vulnérables.

S’adressant à la petite fille martyre de Granby décédée tragiquement en avril dernier, qu’elle a appelée Tilili, un prénom d’origine haïtienne, la présidente est devenue particulièrement émotive. Selon elle, ce drame a été un véritable électrochoc pour la société.

«On va retourner toutes les pierres du système pour rattraper ce qu’on a échappé», a assuré Mme Laurent.

Agir sans attendre

Cette dernière a l’appui du ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux. «Il faut s’attendre à ce que Mme Laurent et les commissaires ne laissent aucune pierre non tournée pour s’assurer que tous les enfants soient pris en charge [...]. Je pense qu’il faut également qu’ils regardent la loi dans le contexte de la société d’aujourd’hui. Est-ce qu’il y a des choses à changer?», a commenté Lionel Carmant en point de presse à Québec.

«D’ailleurs, je réitère que, s’il y a des changements urgents à faire avant la fin de la commission, ma porte est ouverte pour recevoir leurs commentaires», a-t-il poursuivi.

M. Carmant a rappelé que son gouvernement a déjà investi pour tenter de solidifier le réseau des directeurs de la protection de la jeunesse avec l’embauche de 300 intervenants depuis septembre, soit la moitié de l’objectif fixé par le gouvernement de la Coalition avenir Québec.

Premiers témoignages

Les premiers témoins de la commission, un groupe de jeunes qui ont été placés sous la projection du département de la jeunesse, ont pris la parole mardi.

Si quelques récits plus heureux ont été entendus, ce sont surtout des histoires dures qui ont résonné dans la salle. Certains jeunes ont parlé de maltraitance, voire d’agressions sexuelles et physiques.

Les membres du groupe ont proposé des pistes de solution à la commission, notamment d’écouter les jeunes.

«À 11 ans, je peux vous dire que j’étais en parfaite conscience que je devais être avec mon frère et ma sœur. On aurait dû m’écouter, m’appeler par mon prénom et non pas mon numéro de dossier», a affirmé Marcelle Partouche Gutierez, qui réclame que le système de protection de la jeunesse soit moins rigide.

Les audiences se tiendront à Montréal, Québec et Sept-Îles. Une commission itinérante suivra plus tard.

Les personnes souhaitant déposer un mémoire peuvent le faire jusqu’au 12 décembre.