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Les libéraux refusent de condamner la répression en Catalogne

Le chef intérimaire du PLQ, Pierre Arcand
Photo Simon Clark Le chef intérimaire du PLQ, Pierre Arcand

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 Les élus libéraux ont bloqué mardi le dépôt d’une motion à l’Assemblée nationale pour dénoncer la répression espagnole à la suite du référendum sur l’indépendance de la Catalogne.  

Le texte présenté par Québec solidaire, avec l’appui des caquistes et des péquistes, déplorait « l’intimidation institutionnelle et la violence des gestes posés envers des élus et des membres de la société civile de la Catalogne ».   

Mais surtout, la motion dénonçait les « lourdes peines d’emprisonnement récemment infligées à des politiciens catalans élus légitimement et démocratiquement ». 

Le leader parlementaire du Parti libéral du Québec, Marc Tanguay, a toutefois refusé d’accorder son consentement, nécessaire pour la mise aux voix de la motion. 

Treize ans de prison 

La Cour suprême espagnole a récemment condamné neuf indépendantistes catalans à des peines allant de 9 à 13 ans de prison pour leur rôle dans l’organisation d’un référendum sur l’indépendance de la région en 2017. 

Depuis, d’importantes manifestations secouent la Catalogne, menant parfois à de violents affrontements avec les forces de l’ordre. 

« On vient de voir que les libéraux viennent de bloquer la motion qui voulait déplorer les peines d'emprisonnement, les lourdes peines d'emprisonnement qui étaient infligées à des politiciens catalans qui ont été élus démocratiquement, légitimement. C'est vraiment incompréhensible, c'est inexplicable », a dénoncé la députée solidaire Catherine Dorion, à sa sortie du Salon bleu. 

À ses côtés, le leader parlementaire solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, a rappelé que le gouvernement libéral de Philippe Couillard avait appuyé, en 2017, une motion au langage « beaucoup plus ferme » peu après la tenue du référendum catalan. 

Le texte, adopté à l’unanimité, dénonçait « l'attitude autoritariste du gouvernement espagnol qui a mené à des gestes de violence à l'occasion du référendum sur l'indépendance de la Catalogne ». 

L’héritage de Bourassa 

« C'est inquiétant, Robert Bourassa se retournerait dans sa tombe, c'est un parti qui a perdu tous ses repères politiques », a commenté M. Nadeau-Dubois. 

De son côté, le Parti québécois a affirmé que la motion visait à « dénoncer l'intransigeance du gouvernement espagnol ». « Ça doit aller de soi, et on a beaucoup de difficultés à comprendre les résistances du Parti libéral à appuyer la démocratie et l'exercice démocratique en Catalogne », a commenté Joël Arseneau. 

Non-ingérence, non-indifférence 

Comme ils l’avaient fait la semaine passée, les libéraux ont justifié leur opposition à la motion en évoquant le respect de l’indépendance du système judiciaire espagnol. « Il faut respecter l’état de droit, tout en n’étant pas indifférent, loin de là, à ce qui se passe en Catalogne et en Espagne », a commenté Marc Tanguay en fin de journée. 

« [Il faut] essayer de trouver les bons mots pour, le cas échéant, démontrer notre non-approbation, dit-il. Mais ça, en termes internationaux, ça prend un doigté et chaque mot est important. » 

Le leader parlementaire libéral a toutefois été incapable de pointer un passage du texte qui a motivé son parti à rejeter la motion.   

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