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La «prime jaquette» existe toujours chez certains médecins spécialistes

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QUÉBEC | On la croyait vouée à disparaître et pourtant, elle est encore là. En un an, la «prime jaquette» a été facturée 9872 fois par des médecins spécialistes québécois, selon des données obtenues par TVA Nouvelles. 

Cette prime permet à un anesthésiologiste de recevoir un supplément de 61 $ (le jour) et de 170 $ (la nuit) lorsqu'il doit faire une visite à un patient en isolement. Autrement dit, chaque fois qu'il enfile gants, masque et jaquette. 

En 12 mois, la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ) a reçu pour 951 707 $ en factures, spécifiquement en raison de cette prime. 

Pourtant, dès janvier 2018, un reportage du «Journal de Montréal» faisait état d'honoraires versés aux spécialistes en médecine interne pour les visites de patients en isolement. 

Or, si cette prime a été abolie en médecine interne, ce n'est pas le cas en anesthésiologie. 

«La [Fédération des médecins spécialistes du Québec] tente depuis près de deux ans d’éliminer toutes ces primes jaquette auprès du ministère de la Santé et de la RAMQ», a déploré la présidente de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, Dre Diane Francoeur. 

La Fédération soutient que depuis février 2018, il n'a pas été possible de faire les modifications souhaitées. 

«L’une de ces primes a disparu en février 2018. Depuis, n’avons pas réussi à éliminer d’autres primes, à modifier de mauvaises interprétations de codes de facturation ou à permettre des améliorations de la pratique médicale et de pertinence des soins», a insisté Dre Francoeur. 

Une réaction qui détonne avec celle de la ministre de la Santé et des Services sociaux. 

«Pourquoi est-ce qu'il y aurait une telle prime pour les anesthésiologistes?» a demandé Danielle McCann. 

«La Fédération [des médecins spécialistes] peut peut-être revoir ça comme elle l'a fait pour la médecine interne», a suggéré la ministre McCann. 

Selon la FMSQ, il ne s'agit pas du seul dossier qui traîne en longueur avec le ministère de la Santé. 

«Depuis des mois, nous attendons que le gouvernement ratifie et finance les plans de couverture en chirurgie et d’obstétrique qui assureraient des soins aux patients en région», a soutenu Dre Francoeur.