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Le dérèglement climatique entrave les efforts de paix

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Le dérèglement climatique pose et posera à l’avenir d’importants défis aux missions de maintien ou de construction de la paix, au point d’aggraver les conflits, prévient un rapport sur la Somalie publié mercredi.

Des chercheurs de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI) ont étudié les effets du changement climatique sur la Mission d’assistance des Nations unies en Somalie (MANUSOM).

«Le paysage sécuritaire évolue au gré du changement climatique», affirme à l’AFP le responsable de l’étude, Florian Krampe.

Selon ce rapport, les ravages de décennies de conflits en Somalie ont été amplifiés par une série de sécheresses sévères qui ont mis sous pression le processus de renforcement de l’État et compliqué les opérations de la MANUSOM.

Par exemple, les conflits entre éleveurs et cultivateurs dans les régions rurales du pays se sont intensifiés avec l’irrégularité des saisons et de la météorologie qui contraint les éleveurs nomades à adapter leur transhumance.

Sécheresses et inondations ont déplacé des populations plus nombreuses réfugiées dans des camps servant de recrutement pour les groupes radicaux comme les insurgés islamistes shebab.

Les déplacements de groupes de populations importants peuvent en outre fragiliser la gouvernance locale, dès lors que les accords de partage de pouvoir ne représentent plus «la composition démographique» de la communauté concernée.

Si le changement climatique n’est pas forcément à la source d’un conflit, il en «accroît la probabilité», avertit Florian Krampe.

Karolina Eklow, coauteure du rapport, souligne que contrairement à la plupart des recherches connues sur la même thématique, celles du SIPRI ne visaient pas à prédire les futurs effets du changement climatique, mais à en observer les conséquences actuelles.

«Ce n’est plus une question hypothétique», assure-t-elle, ajoutant que le personnel de la MANUSOM était déjà sensibilisé à ces enjeux.

«Ils comprennent parfaitement l’amplitude du changement climatique et la façon dont il altère tous les modèles» vérifiés jusqu’ici dans les expériences de résolution de conflits, et ils ont commencé à le prendre en compte, estime-t-elle.

Des centres de coordination de lutte contre la sécheresse ont été créés, de même qu’un poste de conseiller à la sécurité environnementale.

La Somalie est plongée dans le chaos depuis 1991 et doit notamment faire face depuis 2007 aux insurgés islamistes radicaux shebab, affiliés à Al-Qaïda, lesquels mènent de nombreux attentats contre des cibles civiles et militaires.

Chassés de Mogadiscio en 2011, ils ont ensuite perdu l’essentiel de leurs bastions. Mais ils contrôlent toujours de vastes zones rurales d’où ils mènent des opérations de guérilla et des attentats-suicides, y compris dans la capitale, contre des objectifs gouvernementaux, sécuritaires ou civils.

Les États-Unis soutiennent la lutte contre les shebab, menée par le gouvernement fédéral somalien et par la force de l’Union africaine en Somalie (Amisom), présente dans le pays depuis 2007.