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Trump poursuit la Californie pour son entente avec nous

Cela pourrait nuire à la lutte environnementale, selon des experts

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Photo AFP Le président américain Donald Trump mercredi à Washington.

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La poursuite qu’a intentée le président américain contre l’État de la Californie, mercredi, pourrait ralentir la lutte aux changements climatiques des Québécois, croient des experts.

« Déjà que la participation au marché de la taxe carbone était limitée, si la Californie en sort, et que ça devient limité au Québec, l’efficacité du projet sera grandement diminuée », estime André Lamoureux, politologue à l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

Mercredi, le département américain de la Justice a annoncé qu’il déposait une poursuite contre l’État de la côte Ouest américaine.

Celui-ci se serait « écarté de sa voie constitutionnelle » en 2013, en s’alliant avec le Québec pour former une entente internationale sur le marché du carbone.

Cette salve juridique est une bataille de plus dans la guerre que mène l’administration Trump contre la Californie, qui veut notamment l’empêcher de fixer ses normes en matière d’émissions polluantes de véhicules.

Fatigant

« Là [Trump] veut “tuer” la tarification du carbone », peste Karel Mayrand, directeur général de la Fondation David Suzuki au Québec. Il croit toutefois peu en ses chances de réussite.

« C’est tout de même fatigant ! poursuit-il. L’énergie dépensée là-dessus n’est pas investie à améliorer notre sort au chapitre de l’environnement. C’est ça le problème. »

Le professeur Mark Purdon, membre de la Chaire de recherche UQAM sur la transition écologique, est du même avis. Si la Californie venait qu’à devoir cesser le partage de ses crédits carbone, c’est le prix de la taxe carbone au Québec qui écoperait, avance-t-il.

« Ça va couper le marché, ce qui permettait aux entreprises québécoises de réduire leurs coûts de conformité », précise M. Purdon. Selon lui, cette situation serait dommageable, « car il serait plus difficile d’atteindre les objectifs » de la lutte aux changements climatiques.

Confiants

Cette nouvelle incertitude n’inquiète pas pour autant nos politiciens.

« Si la Californie se retire, je pense qu’on peut continuer seul, a affirmé mercredi le premier ministre François Legault. Mais on préfère qu’elle reste et que d’autres États se joignent à la bourse du carbone. »

Le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, pense de son côté que les droits de la Californie seront reconnus et que le marché sera sauvé. Sinon, le Québec continuera de tarifer, assure-t-il.

– Avec Charles Lecavalier, Bureau parlementaire