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Hochelaga la rouge

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D’éminents freudiens ou psychiatres férus d’inconscient collectif devraient se pencher sur le mystère de ces circonscriptions électorales qui ne dérougissent jamais... un club de moins en moins sélect qui comprend désormais Hochelaga qui vient de basculer du côté écarlate de la Force ! Prenons l’exemple de Ville-Mont-Royal où régna jadis un certain Pierre Elliott Trudeau, ce bastion qui vote systématiquement pour les libéraux depuis 80 ans !

Si on pouvait voyager dans le temps et visiter l’avenir dans cent ans, on se rendrait compte que certaines circonscriptions ont continué de voter libéral sans discontinuer par delà le 22e siècle !

Mystère

Certaines circonscriptions de l’île ne changent pas de couleur. Rouge un jour, rouge toujours. Aucun scandale, aucune campagne, aucun argument n’y peut quoi que ce soit.

Pourquoi ces gens sont-ils si peu attentifs à d’autres courants que le leur ? Est-ce par bonheur total ou par crainte du changement ? Quelle satisfaction éprouve-t-on à voter toujours avec la même paire de lunettes ? Mystère !

Démographie

Cette allégeance inébranlable nous étonne parce qu’à peu près n’importe quel Québécois francophone assez âgé pour voter depuis quelques décennies a déjà varié ses choix entre le bleu, le rouge et l’orange. Imaginez-vous que, toute votre vie, vous votiez, tel un automate, pour les libéraux... Plus besoin de s’informer, de réfléchir, de débattre. Le choix est toujours déjà fait par avance !

Et si d’ici un an et demi, le gouvernement Trudeau minoritaire tombe et que l’on retourne aux urnes... ce sera pour voter massivement pour le Parti libéral à Montréal et à Laval. Puisque même Hochelaga s’est rallié lundi à la grande bannière rouge, c’est une question d’années avant que la Pointe-de-l’Île subisse le même sort. On verra ensuite le rougissement, lui aussi inexorable, des couronnes de la métropole. Nous nous imaginons « faire de la politique », mais c’est la démographie, plutôt, qui nous façonne.