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La pression monte contre Donald Trump

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Le témoignage devant le Congrès mardi de l’ambassadeur par intérim des États-Unis en Ukraine a secoué la résistance des républicains à la destitution du président.

Les preuves d’un abus de pouvoir de Donald Trump dans l’affaire ukrainienne étaient déjà lourdes. L’ambassadeur William Taylor en a rajouté une couche qui pourrait bien faire basculer les choses.

Selon ce témoin à l’intégrité inattaquable, Trump et ses collaborateurs ont fait pression sur le gouvernement ukrainien pour qu’il ouvre une enquête dans le but de nuire à son rival démocrate Joe Biden.

L’impeachment (mise en accusation) de Donald Trump est désormais inévitable, mais ce qui n’est plus inévitable, c’est que les républicains du Congrès l’appuieront suffisamment pour qu’il en sorte indemne.

L’impeachment inévitable

Tout commence à se préciser. Ce n’est qu’une question de temps pour que la Chambre des représentants rassemble les faits pertinents et vote majoritairement une mise en accusation.

Quoi qu’en disent Trump et ses apologistes, les infractions qu’on lui reproche justifient ce processus. Trump a commis un abus de pouvoir marchandant une aide militaire vitale à l’Ukraine contre des faveurs partisanes, au détriment de l’intérêt national américain.

À cela s’ajouteront sans doute des accusations non moins irréfutables d’entrave à la justice et d’outrage au Congrès.

Défense friable

Pour se défendre de ces accusations, le président et ses sbires multiplient les faux-fuyants, les écrans de fumée et les arguments spécieux.

Devant l’accumulation des faits avérés qui l’incriminent, Trump réplique en construisant une réalité parallèle que seuls ses disciples indéfectibles peuvent croire.

Comme les républicains qui lui sont fidèles perdent la bataille sur les faits, ils tentent de s’attaquer à la légitimité du processus, comme ils l’ont fait hier en tentant en vain d’annuler les audiences d’une commission de la Chambre.

Comme la lettre dénuée d’argumentation juridique que l’avocat de la Maison-Blanche avait envoyée au Congrès la semaine dernière, de tels gestes puérils démontrent que les défenseurs du président sont à court d’arguments.

Fissures dans le barrage

Pendant que le président s’agite frénétiquement et que ses défenseurs s’enfoncent dans une argumentation de plus en plus creuse, les législateurs républicains qui ne se sont pas fait entièrement enfirouaper par Donald Trump restent étonnamment silencieux.

Pour plusieurs républicains, qui ont été passablement échaudés par la bourde monumentale de l’abandon des alliés kurdes – et qui voient l’appui à la destitution grimper dans l’opinion publique – l’expression d’une loyauté indéfectible envers Trump ne semble plus aller de soi.

Aucun républicain n’a intérêt à s’exposer aux foudres du président en faisant le premier pas, mais les doutes exprimés par certains d’entre eux et le silence de plusieurs autres signalent la présence de fissures dans le barrage de la résistance à la destitution.

Si ce barrage cède, les choses pourraient aller vite. La destitution de Trump n’est pas inévitable, mais s’il en sort indemne ou plus fort, c’est qu’il y a quelque chose qui cloche aux États-Unis.