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La vente de l’autodrome serait en péril

La Commission de la protection du territoire agricole a émis un avis contre le projet de la Ville de Saint-Eustache

Les amateurs de courses automobiles de type drift (compétitions de dérapage) et de drag (courses d’accélération) ont pu profiter d’une dernière journée avant la fermeture définitive de l’autodrome de Saint-Eustache le 12 octobre dernier.
Photo d’archives, Stéphane Sinclair Les amateurs de courses automobiles de type drift (compétitions de dérapage) et de drag (courses d’accélération) ont pu profiter d’une dernière journée avant la fermeture définitive de l’autodrome de Saint-Eustache le 12 octobre dernier.

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La vente tant attendue du controversé autodrome Saint-Eustache à la Ville se complique au point où elle pourrait être compromise, a appris Le Journal.

La Commission de la protection du territoire agricole (CPTAQ) a émis le 30 septembre dernier un avis provisoire négatif envers le projet de l’administration du maire Pierre Charron qui vise à racheter le terrain de l’autodrome et à le transformer en zone industrielle.

« La CPTAQ, après analyse de l’ensemble des critères, considère que cette demande de conversion de l’autodrome [pour y] exploiter une industrie de bois devrait être refusée », a confirmé au Journal Éliane Clairoux-Brunet, coordonnatrice à la CPTAQ, l’organisme gouvernemental qui autorise ou non les changements de zonage en zone agricole au Québec.

Construit au milieu de champs de maïs et d’érablières en 1965, l’autodrome est devenu un indésirable au courant des 30 dernières années en raison du développement immobilier dans la région et des plaintes des nouveaux voisins de la piste de course. Le bruit et l’achalandage dérangeaient des milliers de résidents.

5,3 millions $

Le 10 avril 2018, la Ville de la Rive-Nord annonçait qu’elle avait signé une promesse d’achat de 5,3 millions $ pour l’autodrome de Saint-Eustache. Elle devait financer ce montant grâce à la revente des terrains à des entreprises intéressées à s’y installer.

Plus d’un millier d’amateurs de course automobile ont d’ailleurs participé au dernier événement le 12 octobre.

L’autodrome se trouve présentement en zone agricole et doit obtenir une autorisation de changement de zonage de la CPTAQ avant que la transaction soit définitive.

UPA inquiète

Au moment de la promesse d’achat, l’Union des producteurs agricoles (UPA) était d’accord avec le projet. Or, une source bien au fait du dossier a indiqué au Journal que la position de l’UPA, qui a une très grande influence sur les décisions de la CPTAQ, est maintenant plus nuancée.

« L’UPA s’inquiète de la spéculation immobilière à venir autour du terrain de l’autodrome, même si les terres demeurent agricoles », a-t-elle mentionné.

Une compagnie de charpentes de toitures comptait racheter tout le terrain. Cependant, les deux organismes craignent que le futur acquéreur du site puisse le diviser en plus petits lots pour les revendre à plusieurs entreprises.

L’UPA et la CPTAQ seraient ainsi préoccupées, selon nos sources, que la valeur des lots autour de l’ancien autodrome explose, ce qui pourrait pousser des agriculteurs à vouloir vendre leur terre au lieu d’en poursuivre l’exploitation.

Questionnée sur sa position, la Commission a soutenu ne « pas vouloir commenter le dossier ».

Du côté de l’autodrome, on se veut rassurant. « Peu importe la décision, je vous assure que la vente officielle de l’autodrome va se faire en décembre prochain », a expliqué son propriétaire, Alan Labrosse.

Faire respecter la promesse

Il a laissé entendre que ses avocats veilleraient à l’exécution de la promesse d’achat de la Ville.

Ni Saint-Eustache ni M. Labrosse n’ont voulu indiquer si une clause du contrat permettrait à la Ville de retirer sa promesse d’achat si le projet de la municipalité était définitivement refusé par la Commission.

« La CPTAQ n’a émis qu’un avis préliminaire, dans lequel elle émet des réserves dues à des questionnements. Il ne s’agit nullement d’une décision finale. Le dossier suit son cours et les représentations auprès de la CPTAQ se poursuivent, avec des éléments d’informations complémentaires répondant aux questionnements. À cette étape, la vente de l’autodrome n’est absolument pas compromise », a indiqué Céline Falardeau, coordonnatrice aux affaires municipales au cabinet du maire Pierre Charron.