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L’homme en détresse a-t-il reçu l’aide et le suivi adéquats?

Des experts croient qu’il faudra vérifier si tout a été fait pour éviter un drame

La famille Pomares lors de sa cérémonie de citoyenneté qui s’est tenue en juin. Le petit Hugo, 7 ans, et sa sœur Élise, 5 ans, ont été tués sauvagement mardi soir par leur père Jonathan Pomares (au centre de la photo). Ce dernier s’est ensuite enlevé la vie.
Photo Tirée de Facebook La famille Pomares lors de sa cérémonie de citoyenneté qui s’est tenue en juin. Le petit Hugo, 7 ans, et sa sœur Élise, 5 ans, ont été tués sauvagement mardi soir par leur père Jonathan Pomares (au centre de la photo). Ce dernier s’est ensuite enlevé la vie.

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La récente hospitalisation d’un père qui a tué ses deux enfants avant de s’enlever la vie soulève des questions quant aux suivis auprès de gens en détresse, selon deux experts en psychiatrie légale.

« Le fait qu’il soit déjà connu comme étant souffrant, qu’il avait déjà toute une infrastructure autour de lui, ça me préoccupe. Surtout connaissant la finalité de la chose », a lancé le Dr Gilles Chamberland, psychiatre à l’Institut national de psychiatrie légale Philippe-Pinel.

Selon lui, à la suite de ce drame, il sera important de vérifier que tout a été fait « pour s’assurer qu’un geste grave n’arrive pas ».

« Il faudra voir quel était le filet de soutien mis autour de lui par son équipe traitante », a dit le Dr Gilles Chamberland.

Sa collègue France Proulx, aussi psychiatre à Philippe-Pinel, se questionne également quant au suivi offert après l’hospitalisation du père.

« Peut-être était-il entre deux, soit le moment entre son congé de l’hôpital et un rendez-vous en clinique externe », a-t-elle soulevé.

Et cette période, c’est celle qui est la plus « à risque » pour une personne vulnérable, a-t-elle averti.

« La Dégringolade »

« La personne n’était pas suicidaire à l’hôpital, elle reçoit congé, ce qui est justifié. Et elle se retrouve en attente d’avoir un suivi plus tard. C’est une période qui peut être extrêmement difficile. Et si un facteur de stress s’ajoute, là, c’est la dégringolade », a-t-elle expliqué.

Et malheureusement, bien souvent, les gens n’ont pas le réflexe de relancer l’équipe de soins, a-t-elle déploré.

« À partir du moment où la personne a demandé de l’aide, a obtenu un suivi, si ça va moins bien par la suite, c’est à elle de demander de l’aide », a poursuivi le Dr Chamberland.

Mais il est difficile d’imposer des soins ou un suivi à quelqu’un qui n’en veut pas, bien qu’on ne sache toujours pas si le père a accepté l’aide ou non.

« C’est le défi qu’on a tous les jours en évaluant le risque chez une personne. Si elle ne veut pas nous donner le fin fond de sa pensée, on a peu pour imposer le bon traitement », a mentionné la Dre Proulx.

Colère dangereuse

Et les deux psychiatres s’entendent pour dire que lors d’une rupture, comme c’est le cas pour ce drame, la colère peut devenir une arme dangereuse.

« Lors d’une séparation, la personne peut réagir avec toutes sortes d’émotions : colère, tristesse, vengeance, désespoir. Ça peut être très tumultueux, surtout avec des enfants, ce qui peut augmenter la charge émotive », a expliqué la Dre Proulx.

Mais le Dr Chamberland insiste : « Même s’il y a des signes, souvent, on les voit en rétrospective. Le danger, c’est que les gens se culpabilisent et se disent : “J’aurais dû faire ci et ça”. Ce n’est pas si facilement prévisible. »

– Avec l’Agence QMI