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Pas de plomb dans la cervelle

Eau potable
Photo d'archives

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En mars 2019, Santé Canada publiait ses recommandations pour la qualité de l’eau potable au pays. Un document technique sur le plomb.  

Et, pendant sept mois, le gouvernement provincial a dormi d’un sommeil de plomb.   

Puis, en octobre, le réveil fut brutal. Des âmes bien intentionnées ont fait pression sur nos décideurs afin qu’ils bougent un tantinet.   

Une série de reportages nous confirment que les méthodes d’évaluation du plomb dans l’eau sont plutôt déficientes au Québec.  

Sous la pression, le premier ministre François Legault s'engage le 17 octobre à adopter la méthode d’échantillonnage prescrite par Santé Canada, mais souligne que Québec attendra le printemps prochain pour changer la réglementation.   

Coup de théâtre !  

Hier, une brochette de ministres, de même que le directeur national de la santé publique, avait été dépêchée pour annoncer des importantes modifications :   

Québec se conformera à la « nouvelle » norme de Santé Canada, qui fait passer la concentration maximale de plomb permise de 10 microgrammes par litre à 5 microgrammes par litre ;  

Les tests devront aussi être faits sur le premier jet d’eau du robinet, après 30 minutes de stagnation. Présentement, le prélèvement est fait après cinq minutes d’écoulement, ce qui fausse les données.   

Bref, le gouvernement s’engage enfin à s’attaquer à ce dossier, mais il s’avère périlleux de répondre à quelques questions.  

Quand ? Comment ? Combien ?   

Relativisme  

Les priorités déprimantes de nos élus ont souvent le don de m’exaspérer. Surtout en éducation.  

Modifier la loi afin de permettre la facturation des programmes particuliers ? Ça presse !   

Transformer les commissions scolaires en centres de services ? C'est une priorité !   

Implanter les maternelles 4 ans à la grandeur de la province ? C'est une urgence nationale !   

Mais - bof ! - vous pouvez tous continuer à boire de l'eau à des concentrations de plomb potentiellement trop élevées.   

Ça, ce n’est pas pressant, ce n'est pas une priorité et ce n’est pas une urgence. La santé de nos enfants et celle des travailleurs peut bien attendre.  

Oui. Vous les animaux de la ferme. Buvez sans vous poser des questions inutiles.  

Vous savez, je suis prêt à endurer une chaleur de plomb dans mon école. Je le fais depuis des dizaines d’années.  

Néanmoins, comme j’ai du plomb dans la tête, je suis loin d’accepter l’idée qu’on puisse abreuver notre corps d’un métal toxique.  

Même ma voiture boit de l’essence sans-plomb.   

L’idée d’un 3e lien pour mon automobile est bénéfique pour l’environnement selon le gouvernement. Pas besoin d’études pour cette « évidence ».  

Sans études, je peux aussi vous dire qu’on joue avec notre santé dans mon environnement de travail, et ce, dans l’indifférence totale depuis plusieurs mois.  

Et si c’était de l’eau bénite ou de l’eau de Pâques qu’on avait donné à boire aux enfants ?  

Alors là mes amis...   

Nous aurions assisté à une réaction du diable.  

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Voici quelques extraits du document de Santé Canada (mars 2019) :  

-Tout doit être mis en œuvre pour maintenir les concentrations de plomb dans l’eau potable au niveau le plus bas qu’il soit raisonnablement possible d’atteindre.   

-La surveillance dans les écoles et les garderies doit également être prioritaire afin de capturer l’exposition de la population la plus sensible (c.-à-d. les jeunes enfants).   

-Le plan d’échantillonnage destiné aux écoles et aux garderies doit tenir compte du fait qu’un grand nombre d’occupants de ces immeubles sont aussi ceux qui sont le plus vulnérables aux effets indésirables de l’exposition au plomb sur la santé.  

-Dans les écoles et les garderies, il est recommandé de surveiller la teneur en plomb total au moins une fois par année, à chaque fontaine d’eau potable ou à chaque robinet d’eau froide où l’eau est utilisée pour la consommation ou la préparation d’aliments. L’échantillonnage devrait être fait entre les mois de juin et d’octobre, lorsque les bâtiments sont pleinement occupés et fonctionnels, afin de mesurer les niveaux d’exposition typique; dans le cas des écoles, il est recommandé de le faire soit en juin, soit en octobre.