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«Ce n'est pas un drame familial. C'est un double meurtre» – Manon Massé

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Dans un message long et senti publié sur sa page Facebook, la co-porte-parole de Québec solidaire (QS) Manon Massé a réagi au drame familial survenu à Montréal.

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Pour la députée qui a travaillé dans des centres pour femmes, il s’agit d’infanticides, et non d’un drame familial, ce terme amoindrissant la portée du geste.  

«Élise, 5 ans, et Hugo, 7 ans, ont été assassinés.  

«Ce n'est pas un “drame familial”, comme le rapportent les médias. C'est un double meurtre commis par un meurtrier.  

«Comme si le meurtrier était un gars ordinaire qui, dans un moment de détresse, décide d'assassiner et de mutiler ses deux enfants. T'sais, une réaction banale à une séparation», ironise Manon Massé.  

  

  

«Tu veux la guerre, tu vas l'avoir»

La députée de QS a pris deux jours avant de livrer le fond de sa pensée sur les actes de Jonathan Pomares. Elle fait le parallèle entre ces meurtres et d'autres, également largement médiatisés, dont les victimes ont été des femmes et des enfants du Québec.  

«Ça me fait penser à Nathalie Blais, qui va récupérer ses affaires chez son ex, fin 2018. Il l'attend avec une arme à feu. Bam. “Il était tombé en amour trop rapidement.”

«Ça me fait penser à Véronique Barbe, poignardée par son ex 17 fois devant son fils. De la faute de Véronique, qu'il plaide.  

«Ça me fait penser à Isabelle Gaston. “Tu veux la guerre, tu vas l'avoir”, lui dit son ex. Elle vient de changer les serrures. On sait comment ça se termine», ajoute Manon Massé.  

Contrôler le reste de sa vie  

Cette dernière parle de contrôle de la part du conjoint, un contrôle jusqu’au-boutiste.  

«On n'assassine pas sa conjointe ou ses enfants sur un coup de tête. On assassine la conjointe parce qu'elle échappe à notre contrôle. On assassine les enfants pour contrôler le reste de sa vie. C'est la forme la plus extrême de la violence conjugale.  

«Quand je travaillais dans les centres de femmes, j'en ai vu passer, des femmes victimes de violence conjugale. Elles venaient nous voir avec des histoires à dormir debout et un paquet d'excuses pour expliquer la colère de leur homme: “C'est de ma faute”, “Je suis une tête de linotte”, “J'aurais pas dû lui dire ci, lui reprocher ça”...  

«Surtout, elles avaient peur. Peur de s'en aller, par peur du conjoint. Certains menacent de les tuer. D'autres menacent de se suicider. Tous se donnent des airs de victime.  

«Alors les femmes subissent, subissent, subissent. Leurs enfants subissent aussi. En silence, loin des caméras. Jusqu'à ce que ça éclate un beau jour, et que le pire se produise.  

«Elles sont nombreuses, au Québec, à subir. Plutôt que de lire, ce matin, sur le tueur et sa passion pour l'ébénisterie, j'aurais aimé qu'on parle d'elles», plaide la députée.  

Violence conjugale  

Manon Massé aurait aussi souhaité qu’à travers la couverture médiatique, la violence conjugale soit mise en lumière.  

«J'aurais aimé qu'on parle des centres d'hébergement pour les femmes victimes de violence, qui n'arrivent pas à répondre à la demande. Quarante et une femmes par jour se font refuser une demande d'hébergement.  

«J'aurais aimé qu'on parle des centres de femmes et de leur travail de dépistage.  

«J'aurais aimé qu'on parle de santé mentale, pas juste dans l'urgence, mais sur la durée. Vingt et un mille personnes violentes veulent de l'aide. Ils attendent.  

«On ne peut pas retourner dans le temps et prévenir la mort d’Élise et de Hugo, sinon, je serais la première à monter dans la machine.  

«Mais on peut prévenir la violence conjugale si on appelle un chat, un chat. Si on pose les bonnes questions», conclut la députée qui s’est toujours impliquée dans le milieu communautaire.  


SI VOUS AVEZ BESOIN D’AIDE  

Ligne québécoise de prévention du suicide  

www.aqps.info  

1 866 APPELLE (277-3553)  

Pères séparés  

www.peres-separes.qc.ca