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Sauvé par son look

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« Un beau visage est un avantage préférable à toutes les lettres de recommandation », disait Aristote. À en juger par les résultats de l’élection, il peut également paralyser les facultés cognitives des électeurs !

Lorsque Trudeau s’est présenté aux élections de 2015, son parcours professionnel était d’une médiocrité abyssale en regard du poste convoité. Si nous étions dans une méritocratie véritable, sa candidature aurait été moquée. Pourtant, il a remporté les élections. Et il a miraculeusement renouvelé l’exploit en dépit d’une succession de frasques et de scandales, certes étouffés, mais qui aurait dû mener à l’écœurement.

Passé

Chaque fois, Trudeau est sauvé par son look. Manifestement, la méritocratie, c’est du passé. Les capacités intellectuelles, la vision, la sagesse, l’intégrité et le sérieux sont maintenant des reliques de la politique d’antan. Depuis 2015, les élections sont travesties en concours de beauté. On juge le corps, voire le « cul », mais rarement le QI ! Nous sommes à l’ère de l’esthéticocratie.

Certes, l’image est importante. Soigner son apparence, c’est respecter son entourage. Mais lorsque l’esthétique devient le facteur de sélection primordial, lorsqu’on obéit aveuglément à l’injonction de la beauté, c’est le signe d’une société schizophrène devenue otage d’une spirale funeste.

Discrimination

Schizophrène, parce qu’elle cautionne la sélection selon l’esthétique, alors qu’elle prétend exécrer toute forme de discrimination en fonction d’attributs physiques comme le sexe, l’âge, ou la race. Cherchez l’erreur !

Otage, parce que la beauté n’est garante d’aucune des qualités indispensables à un chef d’État. Trudeau a même prouvé que le capital de séduction d’un candidat peut s’avérer inversement proportionnel à ses compétences.

C’est facile de choisir le « beau ». C’est peut-être même rassurant. Mais l’impérialisme esthétique a un coût politique et sociétal. Des électeurs ont confondu être et paraître ; d’autres ont choisi le superficiel plutôt que l’essentiel. La démocratie a parlé. Soit ! Mais au final, on a les politiciens qu’on mérite !