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Un promoteur au passé trouble s’étend au centre-ville

L’homme avait des relations avec l’ex-parrain Vito Rizzuto, selon la commission Charbonneau

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 Un promoteur qui a déjà brassé des affaires avec des relations de la mafia montréalaise vient d’acheter pour 42 millions $ de vieux immeubles en plein cœur de la métropole.  

 

 L’acquéreur, Giorgio Tartaglino, a payé le gros prix pour mettre la main sur sept propriétés du centre-ville de Montréal, qui abritent notamment le Peel Pub et le Pub McLean.  

 

 Les courtiers qu’a consultés notre Bureau d’enquête croient que l’acheteur veut remplacer ces immeubles, construits entre 1870 et 1920, par un nouveau projet. Tartaglino a construit les tours jumelles du Roccabella, à deux pas du Centre Bell.  

 

 Il parlait à Rizzuto  

 

 Peu connu des Québécois, ce promoteur a fait parler de lui à la commission Charbonneau en 2014 et 2015.  

 

 Sur la base d’écoute électronique et du témoignage de l’enquêteur antimafia Éric Vecchio, le rapport de la commission mentionne des contacts directs entre Tartaglino et l’ex-parrain de la mafia montréalaise Vito Rizzuto lui-même.  

 

 On y mentionne notamment un appel téléphonique entre lui et Rizzuto en 2003. Ce dernier cherchait alors à impliquer Tartaglino dans le fameux projet de condos du 1000, rue de la Commune.  

 

 « Tartaglino a nié avoir eu des relations avec des personnes liées au crime organisé. Mais lors de cette conversation, il exprime sa gratitude au parrain », mentionne le rapport.  

 

 Partenaires douteux  

 

Le rapport final explique aussi comment le promoteur s’est associé de 2000 à 2002 à Tony Magi, un homme d’affaires en relation avec Rizzuto, pour acheter les terrains où s’élèvent aujourd’hui les tours de condos du Roccabella.

 

 Les trois hommes avaient même déjà dîné ensemble au restaurant.  

 

 Tartaglino a aussi travaillé avec un autre proche du clan de l’ex-parrain, Tony Renda, jusqu’en 2007.  

 

 « À aucun moment, durant cette période, je n’ai été informé de soupçons selon lesquels [M. Magi ou M. Renda] auraient des accointances imprudentes », a assuré Tartaglino dans une déclaration solennelle en anglais à la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction.  

 

 « Un gros projet »  

 

 Notre Bureau d’enquête a discuté de la transaction avec des courtiers actifs au centre-ville. Ils sont convaincus que Tartaglino demandera de pouvoir construire des tours plus hautes que ne le permet actuellement l’arrondissement de Ville-Marie, soit un maximum d’une vingtaine d’étages.  

 

 « Ça va être un gros projet, face au square Dorchester », assure le courtier Ricardo Moretti, chez Coldwell Banker.  

 

 Selon nos informations, l’arrondissement n’a toutefois pas l’intention d’augmenter la hauteur des constructions permises sur ces lots, situés dans le secteur patrimonial du Square-Dorchester-et-de-la-Place-du-Canada.  

 

 Pas de discussion  

 

 Une source dans l’entourage de la mairesse Valérie Plante indique qu’aucune conversation n’a eu lieu entre l’arrondissement et le promoteur.  

 

 Selon le zonage actuel, le terrain permet de construire 183 559 pieds2, ce qui revient à 229 $ le pied2.  

 

 « C’est un record pour ce type de transactions au centre-ville », assure Ricardo Moretti.  

 

 Ni Giorgio Tartaglino ni son représentant à Montréal, Serge Labelle, n’ont rappelé notre Bureau d’enquête.  

 

 – Avec Andrea Valeria et Dominique Cambron-Goulet