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Présumer de la vérité

Présumer de la vérité
Photo courtoisie, Antoine La Rochelle

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Le Théâtre Prospero a choisi de faire découvrir à ses spectateurs l’auteur catalan Josep Maria Miró, plutôt méconnu au Québec. Sa pièce contemporaine, Le Principe d’Archimède, qui sera présentée en première francophone au pays, raconte l’histoire d’un professeur de natation soupçonné par une fillette d’avoir embrassé un des élèves dans la piscine municipale.

Voilà un scénario assez redoutable. Un maître-nageur est responsable d’un groupe d’enfants dans une piscine publique. Une fillette rapporte à ses parents qu’elle a cru apercevoir, lors d’un cours de natation, le professeur embrasser sur la bouche un petit garçon du groupe qui semblait apeuré par l’eau. En moins de temps qu’il en faut, la machine à rumeur s’emballe et tout le voisinage et l’entourage de l’école sont au courant.

« C’est un texte percutant », lance d’entrée de jeu le comédien Lucien A. Bergeron qui interprétera sur les planches Pierre, le moniteur de natation. Il admet d’emblée avoir été interpellé par sa réaction de père dès la première lecture.

L’homme qui sera pointé du doigt est en poste depuis déjà cinq ans en tant que professeur de natation, il est dans la jeune trentaine et ne vit pas en couple. « Il va clamer haut et fort son innocence », annonce le comédien à propos de son personnage.

Campée au Québec en 2019 dans le vestiaire d’une piscine, à l’heure où les rumeurs voyagent à la vitesse de l’éclair, en raison notamment des réseaux sociaux, la pièce est des plus contemporaines et remet en question l’utilisation des médias sociaux qui véhiculent trop souvent de fausses nouvelles, sans avoir vérifié les sources.

Les questions vont déferler notamment à savoir si cet homme est homosexuel.

Créer sa propre vérité

L’auteur n’a pas voulu révéler la vérité. Ce sera donc aux spectateurs de trouver la leur. A-t-il vraiment embrassé un enfant dans la piscine ? « On ne trouve aucune certitude dans le texte à ce sujet », souligne Lucien A. Bergeron. Pierre est-il coupable ou pas ? Josep Maria Miró, dont les pièces sont traduites un peu partout dans le monde, n’a pas voulu trancher. On souhaite ainsi susciter des questionnements et des réflexions.

Conscient que chacun a droit à la présomption d’innocence, il faudra néanmoins avoir recours à la justice et passer par le processus d’un procès pour tenter de prouver son innocence. Mais la pièce ne se rendra pas jusque-là. « Ça va tourner à la violence », révèle le comédien en guise de conclusion.

Le Principe d’Archimède

Auteur : Josep Maria Miró

Mise en scène : Christian Fortin

Distribution : Geneviève Alarie, Lucien A. Bergeron, Daniel D’Amours et Sébastien Rajotte

Du 29 octobre au 16 novembre

Au Théâtre Prospero (Salle principale)