/weekend
Navigation

Protéger son bonheur

Pour Fuckoff, Maxim Martin a travaillé avec les mêmes collaborateurs que pour son spectacle précédent, Enfin : Christian Viau (mise en scène et co-script-édition) et Julien Tapp (textes).
Photo Agence QMI, Toma Iczkovits Pour Fuckoff, Maxim Martin a travaillé avec les mêmes collaborateurs que pour son spectacle précédent, Enfin : Christian Viau (mise en scène et co-script-édition) et Julien Tapp (textes).

Coup d'oeil sur cet article

Le cinquième spectacle de Maxim Martin, Fuckoff, marquera ses 30 ans de carrière. Pour l’humoriste, qui a récemment franchi le cap de la cinquantaine, la vie ne pourrait être plus belle. « Je me réveille le matin et je me dis : qu’est-ce que je pourrais faire aujourd’hui pour protéger mon bonheur ? » Le Journal s’est entretenu avec lui.

Avant de commencer l’écriture de ce spectacle, t’es-tu demandé ce que tu avais encore de pertinent à dire après 30 ans de métier ?

« Je n’y ai pas plus pensé que d’habitude. Que ce soit ton premier, cinquième ou dixième show, il faut toujours te remettre en question. Il y a deux ans, j’avais du fun à la radio et avec [l’émission de télé] Max et Livia. Cette envie-là de repartir en tournée avait comme un peu disparu. Ça m’avait vraiment confronté. Et à petites doses, c’est revenu. Il y a deux ans, après le bout rough de Clément [son gendre qui a perdu la vie] et Gilbert [Rozon et son scandale sexuel], j’avais recommencé à faire des soirées. C’est vraiment là que j’ai rattrapé la piqûre. Le fait d’être plus souvent à Montréal et de découvrir des soirées d’humour m’a fait revenir aux sources. »

Comment s’est passée la tournée de rodage ?

« Très bien. Je pense qu’on a fait pas loin de 40 shows. Et il y en a 37 qui ont été complets. J’essaie de garder les deux pieds sur terre avec ça, mais il se passe des belles choses. Je pense que je suis en train de vivre à 50 ans ce que j’étais supposé vivre à 30 ans. C’est grâce au Journal de Montréal, où il a écrit des chroniques pendant cinq ans], à la radio et au livre [sa biographie Excessif]. Les gens ont découvert que j’étais rendu ailleurs dans ma tête. Ça m’a vraiment donné la chance d’exposer à grande échelle qui je suis.

« J’ai fait du rodage hyper informel. J’ai joué dans plusieurs petites salles de moins de 100 places. Ce retour aux sources m’a prouvé que je le faisais pour les bonnes raisons.

« Les deux dernières semaines, j’étais vraiment nerveux. J’allais roder mes affaires et je changeais l’ordre des numéros. Je me suis rendu compte que je commençais à me reperdre dans ma tête. C’est là que j’ai repensé au titre du spectacle : Fuckoff. Et c’est ce que j’ai fait. À Magog, je suis revenu à la version du spectacle que j’aimais bien et ça m’a juste confirmé que j’avais raison. Après 30 ans de métier, t’as quand même un petit instinct. »

Selon toi, pourquoi les gens vont-ils encore voir Maxim Martin sur scène en 2019 ?

« Je crois que ceux qui sont là le sont depuis longtemps. Il y a quelqu’un qui m’a déjà écrit : “Max, t’as peut-être pas la plus grosse gang, mais t’as la plus fidèle. On est là et on t’attend”. Ça m’avait énormément touché et ça m’est toujours resté en tête. Quand j’allais dans les petites villes, dans des endroits moins traditionnels pour les tournées, le public était là. Même dans mes moins bonnes années, je n’ai pas perdu cette base-là. Ce qui est le fun maintenant, c’est que la gang s’est agrandie. »

Ta fille Livia partage la vedette avec toi dans l’émission Max et Livia. Avez-vous d’autres projets ensemble ?

« Elle m’a dit qu’elle aimerait faire quelque chose avec moi pour ma prochaine tournée. On ne sait pas encore quelle forme ça prendra. Mais cet automne, on va commencer à donner des conférences. Le plan est d’en donner le jour dans des villes où je joue le soir, les fins de semaine. C’est une conférence qui parle du secret derrière notre complicité. Ç’a l’air facile, mais ç’a été beaucoup de travail, Livia et moi. Il faut travailler la communication, car on a tous les deux un caractère de merde (rires) !

« J’aimerais beaucoup que les parents et leurs ados soient au rendez-vous [pour les conférences]. Ça s’adresse à eux. On leur explique comment on a fait pour trouver ce terrain d’entente, à apprendre à se parler comme du monde.

« C’est fou ce que je suis en train de vivre, autant avec mes kids qu’avec ma carrière et ma vie personnelle. C’est vraiment génial. Mais je travaille fort. Ma plus grosse peur, c’est d’échapper ce qui se passe. Il a fallu que j’apprivoise ce qu’est le bonheur. »

Qu’espères-tu avec cette nouvelle tournée-là ?

« Je retrouve le plaisir que j’avais eu avec Tolérance Zéro [sorti en 1998]. J’ai toujours couru après le “sent-bon” de ce premier show-là. Avec Fuckoff, je retrouve la même joie et la même innocence que j’avais pour mon premier show. Je me souhaite une affaire : que ce show-là dure le plus longtemps possible, car il mérite une très longue vie. »


► Maxim Martin présentera son spectacle Fuckoff mardi et mercredi, au Monument-National de Montréal. Il sera aussi à l’Impérial Bell de Québec, les 6 et 7 novembre. Pour toutes les dates : maximmartin.com.