/news/consumer
Navigation

Réparothon: mobilisation pour réparer les vieux objets défectueux

Roberto Chiarella a réparé des vélo toute la journée dans le cadre du réparothon du 26 octobre 2019 à Montréal
Photo Agence QMI, Étienne Paré Roberto Chiarella a réparé des vélo toute la journée dans le cadre du réparothon du 26 octobre 2019 à Montréal

Coup d'oeil sur cet article

MONTRÉAL - Une vingtaine de bénévoles ont sorti leurs tournevis et leurs marteaux samedi pour redonner vie à de vieux grille-pain ou encore à des ordinateurs vétustes, déjouant ainsi l'obsolescence programmée.

En tout, une trentaine d'objets ont pu être remis en fonction gratuitement dans le cadre de ce réparothon organisé à l’occasion de la Semaine québécoise de réduction des déchets.

«Notre but, c'est de démontrer que même si on a l'impression qu'un objet est brisé, ce n'est pas si difficile de le refaire fonctionner pour plusieurs années encore», a plaidé Claire Lujan, chargée de projet en écoresponsabilité de l’Éco-quartier Mercier –Hochelaga-Maisonneuve, qui coordonnait l’événement.

Elle reconnaît cependant que, bien souvent, acheter un nouvel électroménager revient moins cher que d’essayer de le remettre à neuf. Pour éviter cette surconsommation, Claire Lujan aimerait que les grandes industries élargissent leurs garanties.

Roselyn Dhani et Sindy Majeau ont joué les couturières le temps du réparothon
Photo Agence QMI, Étienne Paré
Roselyn Dhani et Sindy Majeau ont joué les couturières le temps du réparothon

Réparer soi-même

D’ici là, les organisateurs du réparothon, qui en était à sa deuxième année, se sont donné comme objectif d'apprendre aux consommateurs à réparer eux-mêmes leurs objets défectueux.

«Il faut expliquer aux gens que contrairement à ce qu’on peut croire, ce n’est pas si fragile que ça, un laptop. Aujourd’hui, c’est organisé pour que les réparations se fassent vite et facilement. Changer un disque dur ou rajouter de la mémoire vive, il ne suffit que de changer une, deux ou trois vis», a insisté Benjamin Dour, un travailleur du secteur de l’informatique qui était venu prêter main-forte dans le cadre de cette activité.

Son acolyte, Alain Bertrand, a souligné d’ailleurs qu’il existe sur le web d’excellents tutoriels, très faciles à comprendre pour le commun des internautes.

Selon les deux réparateurs d’un jour, aucune excuse n’est donc bonne pour jeter son ordinateur ou son téléphone portable au bout d’un an ou deux d’utilisation.

Un cellulaire peut fonctionner jusqu’à cinq ans, un ordinateur portatif au moins dix ans, d’après eux.

«Pour un vieux laptop qui est devenu obsolète par rapport au dernier système d’exploitation, rien n’empêche de télécharger un ancien système d’exploitation et de le recycler pour une autre utilisation, par exemple pour écouter des films», a conseillé Benjamin Dour, rappelant que les objets électroniques ont un impact important sur l’environnement lorsqu’ils prennent le chemin de la poubelle.

Les vieilles fringues aussi

L’industrie de la mode a elle aussi un bilan écologique alarmant. Ce serait même le secteur le plus polluant, après celui des énergies fossiles.

Pas étonnant donc que les organisateurs du réparothon ont aussi fait appel à des couturières amateurs, qui, toute la journée, ont fait des miracles avec des jeans troués et des t-shirts abîmés.

«On a dévalorisé ce qu’on porte, que ce soit par rapport à l’environnement, mais aussi par rapport aux gens qui travaillent dans cette industrie. Si tu as payé une paire de mitaines 2 $, c’est parce que quelqu’un a été payé 5 cents quelque part. Il faut en avoir conscience», a plaidé Sindy Majeau, qui a apprécié son expérience derrière la machine à coudre.

Le réparothon devrait revenir l’an prochain à la fin octobre.