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Troublantes retrouvailles

La pièce Hope Town, de Pascale Renaud-Hébert, parle de famille, d’amour et de secrets

Hope Town
Le Journal de Québec Les comédiens Pascale Renaud-Hébert, Olivier Arteau et Jean-Sébastien Ouellette lors des répétitions de la pièce de théâtre Hope Town (La Bordée - 2010). 

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Isabelle est en voyage en Gaspésie avec son amoureux. Elle s’arrête dans un Subway et se retrouve face à face avec son frère disparu depuis cinq ans. Alexandre avait quitté la résidence familiale à 16 ans sans jamais donner de nouvelles.

Pascale Renaud-Hébert avoue être interpellée, sans trop savoir pourquoi, par les histoires de disparition.

« Les familles et les proches des personnes disparues doivent vivre un enfer. Ils sont dans l’attente et avec un deuil impossible à faire. Ça doit être terrible », a laissé tomber l’auteure et comédienne qui a connu un beau succès, en 2016 et 2019, avec Sauver des vies.

La pièce Hope Town, à l’affiche à partir de mardi à La Bordée, a commencé à prendre forme au Conservatoire d’art dramatique de Québec en 2016.

À sa dernière année sur les bancs d’école, Pascale Renaud-Hébert a assisté, dans une classe ouverte, à une scène présentée par Olivier Arteau, un étudiant de première année.

« Je l’avais trouvé bon et j’ai eu un flash. Ça m’a amenée à écrire une scène avec deux personnes qui se retrouvent dans un Subway », a-t-elle raconté.

Les premières graines de Hope Town étaient semées. Et sans le savoir, à ce moment, Olivier Arteau venait d’obtenir le rôle du frère disparu.

Une réelle histoire de disparition a ensuite allumé le projet.

« Une amie qui travaillait comme journaliste à la télévision m’a raconté avoir reçu un appel d’un gars qui était porté disparu. Il leur a demandé de ne plus diffuser sa photo, précisant qu’il était parti volontairement et qu’il ne voulait pas que sa famille le retrouve », a-t-elle mentionné.

Dilemme moral

L’auteure et comédienne pense aux familles qui sont dans l’attente, qui s’imaginent le pire et qui vivent un enfer.

« Isabelle subit un choc lorsqu’elle se retrouve face à face avec son frère. Elle essaie de comprendre ce qui s’est passé et elle sera confrontée à entendre des choses qu’elle n’aurait pas pu imaginer. Alexandre, en contrepartie, prend conscience de plusieurs choses. Ça le frappe. J’avais envie d’explorer le dilemme moral entourant cette situation », a-t-elle raconté.

En décembre 2016, Pascale Renaud-Hébert présente une courte scène de ce qui deviendra Hope Town, lors de l’édition de Québec du festival du Jamais Lu.

Marianne Marceau, directrice de l’événement, a communiqué avec Michel Nadeau, directeur artistique de La Bordée, pour lui parler de ce qu’elle venait de voir.

« Il l’a lu et il a préféré attendre d’avoir un texte complet entre les mains. Les gens autour de moi m’ont encouragée à développer ce projet pour en faire une pièce », explique l’auteure.

Un an plus tard, Pascale Renaud-Hébert présentait une première version de cette œuvre lors de l’édition montréalaise du Jamais Lu.

« La pièce a évolué, mais l’essence est restée la même. Je l’ai allongée, j’ai ajouté des morceaux et déplacé certaines choses », a-t-elle indiqué, avouant ressentir un peu de nervosité, à quelques jours de la première.

Hope Town est présentée du 29 octobre au 23 novembre au théâtre La Bordée.