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Le rap célébré à l'ADISQ: un réel impact, 17 ans plus tard

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Auteur en 2002 d’un des plus spectaculaires coups d’éclat de l’histoire du Gala de l’ADISQ, l’ancien rappeur Francis Belleau se réjouit de la vitrine exceptionnelle que le rap québécois a obtenue dimanche soir. «Ç’a quand même pris 17 ans», a néanmoins déploré celui qui se faisait appeler 2Faces le Gémeaux. 

En plein gala, le 27 octobre 2002, Belleau et une vingtaine de membres du collectif 83, de la Rive-Sud (Québec), avaient audacieusement réussi à se frayer un chemin jusqu’à la scène en déjouant la sécurité du Théâtre St-Denis. 

Devant l’animateur Guy A. Lepage, qui leur avait accordé 40 secondes pour exposer leurs revendications, Francis Belleau avait réclamé que le prix de l’album rap de l’année soit remis en ondes et que ce Félix soit décerné par un jury spécialisé dans le rap. 

Malgré des chiffres de vente respectables à l’époque, «nous étions vraiment en marge de l’industrie, nous étions tassés», rappelle au Journal celui qui travaille aujourd’hui comme réalisateur et monteur. 

Un rap «javellisé» 

Retour en 2019: dimanche, le Félix de l’album rap était remis lors du grand gala pour une troisième année consécutive. 

Cinq rappeurs étaient en vedette lors du numéro d’ouverture et Loud a été élu interprète masculin de l’année, une première pour le rap québécois. 

«Il y avait même des blagues», dit Francis Belleau, faisant allusion à la séquence où Louis-José Houde s’est payé la tête de FouKi. 

Sauf que tout n’est pas gagné, précise-t-il, après avoir rappelé qu’il a fallu tout ce temps pour que le rap brille de tous ses feux à l’ADISQ. 

«Pour l’instant, c’est la version javellisée du hip-hop qui réussit à se rendre là. Ce n’est pas une critique envers les artistes qu’on a vus dimanche, il y en a beaucoup que j’admire. Sauf qu’à part Souldia, c’est comme si tout ce qui est “hip-hop street” est toujours dans l’ombre.» 

Impossible de l’ignorer 

Croit-il que le coup d’éclat du 83 a contribué à la reconnaissance actuelle du rap québécois à l’ADISQ? 

«J’ai de la misère à m’approprier le crédit, parce que ça fait 17 ans», répond Francis Belleau. 

«Est-ce qu’on a éveillé les consciences ? Est-ce qu’on a mis une petite lumière sur la chose? J’ose espérer que oui. Mais à un moment donné, tu ne peux pas ignorer un genre musical qui existe, qui persiste et prend de l’ampleur pendant 17 ans.»