/opinion/columnists
Navigation

L’homme, ce ver de terre

Coup d'oeil sur cet article

Notre époque est paradoxale.

Officiellement, on s’imagine vivre encore sous le joug du patriarcat. Les hommes seraient tout-puissants, rassemblés en boys club, et feraient encore la loi. Inversement, les femmes seraient encore en situation d’infériorité structurelle grave. La révolution féministe serait encore à faire.

À tout le moins, c’est le discours dominant, alimenté par le néoféminisme académique qui parvient souvent à faire passer ses idées extravagantes pour autant de thèses scientifiquement démontrées.

Écoutez Les idées mènent le monde, une série balado qui cherche a éclairer, à travers le travail des intellectuels, les grands enjeux de sociétés.

Patriarcat

La plupart de ceux qui évoluent dans l’espace public acceptent ou, du moins, font semblant d’accepter cette représentation de la société. Ils savent d’instinct qu’on ne la conteste pas sans se faire accuser de sexisme, de misogynie, de masculinisme.

Pourtant, pour peu qu’on renonce à voir le monde avec les lunettes de l’idéologie dominante, on doit convenir que le discours social ambiant est particulièrement critique envers l’homme, surtout s’il est blanc, hétérosexuel et a plus de cinquante ans. Devant lui, on prend un air dégoûté et on se pince le nez !

On l’accuse d’incarner une masculinité toxique. Il aurait construit une société à son avantage exclusif et étoufferait non seulement les femmes, mais la diversité sexuelle.

C’est en le rabaissant qu’on pourra créer une société inclusive. Comme j’aime dire, c’est en abolissant le mâle qu’on abolira le mal. En fait, loin d’être tout-puissant, l’homme contemporain est la cible d’une campagne de diffamation permanente.

Émancipation

Le philosophe québécois Jean-Philippe Trottier a déjà écrit sur cette question de manière lumineuse et courageuse dans le numéro d’hiver 2017/2018 de la revue Argument­­­. Il vaudrait la peine de le relire.

Je n’ai jamais douté un instant de la valeur de l’émancipation féminine. Je la célèbre et m’en réjouis. Mais je ne vois pas pourquoi je devrais croire qu’elle restera inachevée tant que l’homme ne se laissera pas piler dessus comme un ver de terre.