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«Fuckoff» : Maxim Martin s’assume pleinement

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MONTRÉAL | À 50 ans, on n’a plus grand-chose à perdre à dire ce qu’on pense. C’est la réflexion qui sous-tend le titre du cinquième «one man show» de Maxim Martin, «Fuckoff», dans lequel l’humoriste pose son regard aiguisé sur le monde qui l’entoure et le décortique avec franchise et... impertinence. 

Maxim Martin privilégie la critique sociale plutôt que le récit personnel dans ce spectacle qu’il dévoilait en première montréalaise, au Monument-National, mercredi. Le résultat s’avère inégal, heureux un moment, lassant l’instant d’après. 

On ne s’en étonne pas : Martin n’a pas attendu d’avoir franchi le cap des cinq décennies pour livrer le fond de sa pensée, sans fard. C’est ainsi qu’on le connaît. 

En cette ère de rectitude politique, où on doit laver plus blanc que blanc, il y a quelque chose de rafraichissant dans le fait de l’entendre exprimer ses opinions sans rien enrober, sans crainte de déplaire, entre deux ou trois sacres sentis. Pas de fausse politesse ici, on appelle un chat un chat, d’un ton gueulard qui rebutera peut-être les oreilles tendres. 

Non, les enfants des années 80 n’avaient pas d’arrière-pensée à connotation sexuelle en traitant leurs camarades de «fifs», nous martèle Maxim Martin dès le départ, en dénonçant le «sur-politiquement correct» ambiant en ouverture, de notre obsession du «selfie» à la tendance généralisée à la victimisation. 

«Quand tu n’as pas tout ce que tu veux dans’ vie, ce n’est pas toujours la faute de la société...», estime-t-il. 

Vulgarité 

Ceci dit, les thèmes de «Fuckoff» ne sont pas neufs, et la manière de Maxim Martin de les traiter, non plus. 

Qu’il parle de son fils qu’il a caché pendant près de 10 ans ou du fossé entre les générations, il finit par être question de sexe ou de drogue. Même plus sage, Maxim Martin reste Maxim Martin. 

Ça se gâte encore davantage au fur et à mesure que la représentation avance, lorsque l’homme jase de pornographie et de tout ce qui en découle. L’artiste renoue alors avec sa vieille amie la vulgarité, un chemin que la sagesse de la cinquantaine aurait pourtant dû lui déconseiller d’emprunter, et qui fait hélas baisser la qualité de «Fuckoff» de quelques crans. 

Depuis maintenant 30 ans que Maxim Martin prend la parole publiquement, on a déjà entendu la plupart de ses points de vue. Son style légèrement coup de poing est désormais prévisible – et paraît moins percutant depuis l’émergence de plus jeunes talents à la Guillaume Wagner ou Fred Dubé – et ne surprend plus tellement. 

En conclusion, Maxim Martin est-il réellement aussi zen que le suggère l’affiche de «Fuckoff», où il apparaît les yeux mi-clos, l’air détendu, un cygne autour du cou? On le décrirait davantage «assumé» que «paisible», mais le gaillard semble en paix avec lui-même et ses messages. 

Par ailleurs, au-delà du symbole, sachez que le majestueux oiseau blanc est l’objet d’une courte anecdote relatée par Maxime Martin dans sa prestation, survenue lors d’un voyage en Europe, et qui met en relief son tempérament bouillant. 

Toutes les dates de la tournée «Fuckoff», de Maxim Martin, peuvent être consultées au hahaha.com.