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Le NPD réfléchit à l'impact de la loi 21 sur sa campagne électorale

Alexandre Boulerice du NPD
Photo Le Journal de Montréal, Ben Pelosse Alexandre Boulerice du NPD

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OTTAWA – Les néo-démocrates, qui ont presque été rayés de la carte électorale au Québec, évaluent l'effet qu'a eu sur leur campagne électorale le débat entourant la Loi sur la laïcité de l'État du gouvernement Legault.

«On a au NPD le premier chef issu d’une minorité visible qui porte un signe religieux. Alors évidemment que pour certaines personnes ça exacerbe des tensions», a dit mercredi le seul député québécois du Nouveau Parti démocratique ayant été réélu, le chef adjoint Alexandre Boulerice.

Celui qui est député de Rosemont a souligné, en marge d’une rencontre du camp néo-démocrate qui se tenait à Ottawa, que le débat sur la laïcité au Québec a été «plein d’émotions». Il croit toutefois que c'est surtout le choix de nombreux électeurs de voter stratégiquement qui a joué contre le NPD dans la Belle Province.

Le fait que le Bloc québécois s’est présenté comme le porte-voix du gouvernement caquiste de François Legault a aussi nui à sa formation au Québec, croit-il. Il refuse toutefois de se laisser abattre, mentionnant au passage que l’ex-chef néo-démocrate Thomas Mulcair a aussi déjà été le seul représentant du Québec parmi les élus néo-démocrates.

«Je pense que Jagmeet [Singh] s’est montré tellement sincère, authentique, "parlable" et près des gens. Peut-être que ça ne s’est pas traduit en votes cette fois-ci, mais la prochaine fois oui », a-t-il lancé au sujet de son chef.

Le principal intéressé ne croit pas qu’il doit changer de discours sur la loi 21 ni que le fait qu’il porte le turban soit un obstacle insurmontable pour lui au Québec.

«Cette loi est discriminatoire. [...] Je suis confiant que nous pouvons qu'emmener les gens à changer leur opinion là-dessus et c’est ce que nous allons faire», a dit le chef néo-démocrate.

Deux demandes aux libéraux

Ce dernier a insisté, mercredi, sur deux premières demandes aux libéraux, qui se retrouvent à la tête d’un gouvernement minoritaire. Il somme les troupes de Justin Trudeau de renoncer à contester le jugement obligeant Ottawa à verser 40 000 $ à chaque enfant autochtone ayant subi des dommages causés par le système de protection de la jeunesse dans les réserves.

Il presse aussi les libéraux d’agir rapidement dans l’instauration d’un régime d’assurance-médicaments universel.

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Constats distincts de candidats défaits

Le député défait de la région de Rimouski, Guy Caron, croit pour sa part que M. Singh devra réaligner le tir au chapitre du débat entourant la loi 21.

«Il a la possibilité de se placer en conciliateur et en médiateur entre le Canada [anglais] et le Québec sur cette question», a-t-il avancé au micro de Mario Dumont, sur les ondes de LCN.

Aux yeux de Matthew Dubé, qui a perdu son siège de Beloeil-Chambly aux mains du chef bloquiste Yves-François Blanchet, la loi 21 a peu à voir dans le recul de son parti au Québec.

«Je pense que ceux pour qui c’était vraiment un point non négociable n’étaient de toute façon pas des gens qui allaient voter pour le NPD et qui n’ont probablement pas voté pour moi ni en 2011 ni en 2015», a-t-il fait valoir.

M. Dubé croit plutôt que son parti aurait pu se distinguer davantage des autres formations dans les propositions qu’il a formulées à l’adresse des Québécois.

Le NPD n'est parvenu à faire élire que 24 députés au terme de l'élection de la semaine dernière, dont un seul au Québec. À la dissolution de la Chambre, le parti détenait 39 circonscriptions, dont 14 dans la Belle Province.