/misc
Navigation

RONA vendue: la CAQ et le patronat ont applaudi

RONA vendue: la CAQ et le patronat ont applaudi
Photo d'archives

Coup d'oeil sur cet article

La devise des libéraux du Québec est: le Québec for sale. 

Dans mon dernier texte portant sur la vente du fleuron québécois RONA à la multinationale américaine Lowe’s, les libéraux, avec Dominique Anglade et Philippe Couillard en tête, trouvaient que c’était une merveilleuse affaire pour le Québec et les Québécois. Certainement pas pour les 200 employés du siège social qui ont perdu leur emploi transféré en Inde ou pour les fournisseurs de matériaux de la province.   

Vente partielle d’Hydro à des étrangers par le biais de l’éolien  

Vendre le Québec à des étrangers, c’est la marque du Parti libéral depuis toujours. La dépossession volontaire, c’est inscrit dans ses gènes. Alors que l’éolien est une grosse farce qui permet à des arrivistes d’empocher au Québec des milliards de dollars (sans aucun risque et sans aucune expertise) sur le bras d’Hydro-Québec et des contribuables, il se trouve que le PLQ a non seulement contraint Hydro-Québec à ne point s’embarquer dans ce domaine lucratif, mais l’a même cédé avec enthousiasme à des étrangers. Comme le disait l’ex-ministre libéral des Ressources naturelles et de l’Énergie, Pierre Moreau: «Énergie. La propriété étrangère des parcs éoliens n’inquiète pas Québec».  

Ça ne date pas d’hier, l’esprit colonialiste du PLQ, comme le démontre cet article de 2007 que j’ai ressorti de mes vieux dossiers et où l'on parle de l’ex-ministre libéral des Finances, celui qui est devenu lobbyiste, monsieur Raymond Bachand: «Bachand ne s’inquiète pas de la mainmise étrangère» (La Presse, 30 novembre 2007). Ça ne l’inquiétait pas une miette, même que ça le réconfortait.  

Les ministres caquistes Dubé et Girault itou  

La Caisse de dépôt et Investissement Québec étaient des actionnaires majeurs de RONA (environ 25% des actions en circulation) qui auraient pu facilement bloquer la vente à Lowe’s. Mais non, comme les libéraux, les bonzes de la Caisse et d’Investissement Québec se sont faits complices de cette transaction, avec Michael Sabia en tête.  

En 2016, l’actuel président caquiste du Conseil du trésor, monsieur Christian Dubé, était vice-président de la Caisse de dépôt et placement du Québec. Il trouvait alors que le transfert de propriété de la québécoise RONA à des Américains était parfait: «La vente de RONA était justifiée, dit Christian Dubé».  

Des justifications primaires, s’entend. Quant à l’actuelle ministre caquiste des Relations internationales et de la Francophonie, madame Nadine Girault, elle était en 2016 membre du Conseil d’administration d’Investissement Québec, qui détenait approximativement 10% des actions émises de RONA. Lorsque la décision de liquider leurs actions de RONA a été prise, madame Girault était présente à la réunion des administrateurs qui ont approuvé ce délestage à l’unanimité.   

Vente des C Series: Anglade et Fitzgibbon d’accord  

Dans le cas du don de la C Series de Bombardier – dans laquelle Québec avait investi des centaines de millions de fonds publics – à l’européenne Airbus, vous vous souvenez que la ministre libérale Dominique Anglade avait largué cette (autre) perle en 2018: «Avions C Series de Bombardier. La vente à Airbus était inévitable, dit la ministre Anglade».  

C’était «inévitable» selon les critères économiques particuliers du PLQ, s’entend.  

Pas mieux que la libérale, l’actuel ministre caquiste de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, celui qui se vante d’avoir beaucoup d’amis importants dans le merveilleux monde des affaires, avait renchéri en s’exclamant: «C Series: la vente à Airbus a été une “très bonne chose”, selon Fitzgibbon».  

Pas juste une bonne chose, mais une très bonne, qu’a spécifié le lucide ministre caquiste. Alors, lorsque les caquistes critiquent les libéraux dans les cas de RONA et de la C Series de Bombardier, moi, je répondrais par ces belles paroles de Jésus-Christ: «Avant de voir la paille dans l’œil de ton voisin, regarde donc la poutre qui est dans le tien.»   

Comme toujours, le patronat est égal à lui-même  

Bien évidemment, le patronat a toujours été favorable aux privatisations de sociétés d’État, aux partenariats public-privé, à la sous-traitance, à la délocalisation à l’étranger de nos entreprises et à la vente de celles-ci: « Vente de RONA à Lowe’s. Les chambres de commerce applaudissent, le syndicat se méfie».  

Pourquoi se méfier, puisque les libéraux, les caquistes, les boss de la Caisse de dépôt et placement nous ont dit que c’était bon et que ça allait enrichir les Québécois? Il faut faire confiance en toute quiétude aux experts, non?  

Bravo au Parti québécois, qui s’était opposé  

Pierre Karl Péladeau était en 2016 le chef du PQ, qui fut, avec Québec solidaire, l'un des deux partis politiques au Québec à s’opposer, avec raison, à cette «vente de feu»: «Vente de RONA: la Caisse dit oui, Péladeau dit non».

Et des promesses en l’air  

Le PLQ et la CAQ prétendaient que cela était pour nous enrichir, alors que les belles promesses se sont rapidement envolées: «Plus de 200 emplois payants vers l’Inde» et «Des fournisseurs québécois touchés par la vente à Lowe’s. Certains disent avoir perdu plus de 20% de leur chiffre d’affaires».  

Et la même chose arriva après la vente de Provigo à Loblaw’s.