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Tarifs d’électricité: le gouvernement Legault n’a pas l’intention de reculer malgré l’opposition

Le ministre de l'Énergie, Jonatan Julien
Photo Simon Clark Le ministre de l'Énergie, Jonatan Julien

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Le projet de loi caquiste sur les tarifs d’électricité a beau faire l’unanimité contre lui, le gouvernement Legault ne veut pas reculer. 

«Nous n’avons pas l’intention de renoncer au projet de loi», a lancé en chambre le ministre de l’Énergie Jonatan Julien. 

Après les partis d’oppositions, les groupes de protection de consommateurs, les PME et les grandes entreprises. M. Julien vient de subir une nouvelle salve. Quatre ex-ministres de l’Énergie péquistes et libéraux ont demandé le retrait de la pièce législative puisqu’elle menacerait les exportations d’électricité vers les États-Unis.  

«[Ce projet de loi] constituera sans doute un nouveau point de heurts dans des négociations qui s’annoncent des plus difficiles pour la vente de blocs d’électricité aux États du Massachusetts et de New York», écrivent Guy Chevrette, Rita Dionne-Marsolais, François Gendron et Pierre Moreau dans une lettre ouverte, rapportait mercredi Le Journal

Les adversaires ont tort, selon Julien 

M. Julien a rétorqué qu’ils étaient dans l’erreur : «Nous avons pris toutes les mesures nécessaires pour s’assurer qu’aucun élément ne ferait en sorte de réduire cette possibilité [d’exporter]. On a travaillé avec les auditeurs externes, en fin de compte, d’Hydro-Québec, avec les juristes de l’État, avec les juristes d’Hydro-Québec». 

Le ministre estime que les autorités américaines ne seront pas échaudées par son projet de loi puisque, qui ne touche pas à Hydro-Québec TransÉnergie, responsable des exportations.  

Il balaie également du revers de la main les inquiétudes des associations patronales et de protection des consommateurs et estime que les Québécois en auront pour leur argent. 

Le chef du Parti libéral Pierre Arcand accuse le gouvernement de faire sourde oreille à la critique. «De façon unanime, tous ceux qui se sont prononcés sur le projet de loi ont dit que les Québécois allaient se faire avoir. Pas plus tard qu’hier, quatre anciens ministres de toutes allégeances politiques ont joint leurs voix et décrié ce projet de loi. Mais le premier ministre continue de faire la sourde oreille», a-t-il dénoncé. 

Coûteux pour les clients? 

Pour l’instant, les tarifs sont décidés par la Régie de l’énergie en fonction des coûts d’Hydro-Québec. Le projet de loi met fin à ce système. Il impose à HQ un gel de tarif lors de la prochaine année, puis accorde ensuite une hausse fixée sur l’inflation, soit près de 2 %, et redonne un 500 M$ sur la première facture de 2020. 

Mais ce ne serait pas une si bonne affaire. L’Union des consommateurs craint que «les tarifs payés au cours des prochaines années soient plus élevés que ceux qu’il y aurait eu lorsque les audiences et un examen de la régie auraient été imposés». D'autres groupes estiment qu'il en coutera 500 M$ aux clients d'Hydro-Québec.  

«En résumé, ce que vous dites aux Québécois, c’est : on se fait avoir, mais de façon prévisible», a pesté Pierre Arcand. 

De son côté, le premier ministre François Legault a rétorqué que dans le passé, les tarifs d’électricités ont augmenté plus vite que l’inflation parce que les gouvernements libéraux et péquistes ont forcé Hydro-Québec a acheté de l’énergie trop dispendieuse. 

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