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Une mère veut des réponses de la police

Aucune accusation contre le policier qui a abattu son fils en crise

Lac-Brome
Photo Alex Drouin Tracy Wing à sa résidence de Lac-Brome hier montrant des photos de son fils Riley Fairholm, qui est mort le 25 juillet 2018 sous les balles de la police alors qu’il était dans un plein état de crise près de sa maison.  

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LAC-BROME | Une mère dont le fils de 17 ans a été abattu par la police déplore ne pas avoir toutes les réponses à ses questions sur les circonstances de sa mort et aimerait avoir des excuses officielles.

« Je voulais qu’on me convainque que c’était justifié [de l’avoir abattu], mais ça n’a pas été le cas », se désole Tracy Wing à la suite du dépôt du rapport du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) qui révèle qu’aucune accusation criminelle ne sera déposée contre le policier qui a tué son fils Riley Fairholm.

« On aurait aimé avoir plus de détails sur l’enquête qui a été menée et sur ce qui s’est passé entre le décès de mon fils et l’arrivée du Bureau des enquêtes indépendantes », poursuit-elle.

Force justifiée

Son fils a été abattu près de chez lui, à Lac-Brome, dans les Cantons-de-l’Est, lors de la nuit du 25 juillet 2018. L’adolescent en pleine crise, qui avait démontré des idées suicidaires quelque temps auparavant, était armé d’un pistolet lorsque six policiers ont tenté de négocier avec lui.

Le jeune homme s’est toutefois montré menaçant et gesticulait avec le révolver lorsqu’un des agents l’a atteint mortellement à la tête. L’arme s’est finalement révélée être un fusil à plomb.

« Le DPCP est d’avis que l’emploi de la force par les agents de la paix était justifié », peut-on lire dans le rapport dévoilé lundi. « L’analyse de la preuve ne révèle pas, à son avis, la commission d’un acte criminel par les policiers de la SQ [Sûreté du Québec] impliquée dans cet événement. »

Bien que Mme Wing n’en veuille pas aux forces de l’ordre, elle aimerait rencontrer celui qui a tiré sur son fils pour l’aider à faire son deuil.

« J’aimerais qu’il me regarde dans les yeux et qu’il m’offre ses sympathies. J’ai eu des sympathies de la part d’étrangers, des médias, des procureurs, mais pas de la Sûreté du Québec. Peut-être que ça lui ferait du bien de me parler. Moi, ça m’en ferait », a dit d’une voix calme la femme de 50 ans.

Une minute

Le rapport mentionne également qu’il s’est passé une minute entre l’arrivée des policiers sur les lieux de l’intervention et le moment où l’un d’entre eux a tiré sur le jeune homme.

« Ça aurait peut-être tout changé si les policiers avaient négocié avec lui », a laissé tomber la mère tristement.

Paul Laurier, un ancien policier de la SQ qui compte 22 années de service, a mentionné au Journal que le policier qui a ouvert le feu en direction de l’adolescent devait craindre pour sa vie s’il a agi de la sorte.

« Les policiers sont entraînés à sauver des vies et non à donner la mort », précise-t-il.