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Les abus et la «loi du silence» dans la danse

Les abus et la «loi du silence» dans la danse
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Abus psychologiques, physiques et sexuels: après les milieux du cinéma et de l’humour, on réalise que celui de la danse comporte aussi son lot de scandales.  

En entrevue à QUB radio jeudi, la directrice générale du Regroupement québécois de la danse, Fabienne Cabado, parle même d’une «loi du silence» et d’une «banalisation» généralisée du phénomène, souvent due à la «précarité du milieu» et à la peur de dénoncer et de ne plus pouvoir travailler.     

  • ÉCOUTEZ Fabienne Cabado en entrevue à QUB radio:    

  

Mme Cabado note également qu’en danse, le «rapport au corps» est souvent perçu différemment qu’il peut l’être dans d’autres milieux, ce qui rend la limite acceptable plus difficile à définir pour certaines victimes.   

«Ce qui est identifié comme une ingérence dans la bulle intime de quelqu’un [pour la plupart des gens] va être quelque chose de complètement normal en danse, où on travaille le dépassement», a-t-elle expliqué à l’émission Les effrontées.   

Mme Cabado a été invitée à réagir à un article paru dans La Presse jeudi qui fait état de l’ampleur du phénomène dans ce secteur d’activité.   

«Il y a des facteurs de risque du secteur de la danse où on va toujours plus loin. [...] À quel moment je me sens mal et à quel moment je dois dire non?» a-t-elle demandé.   

Dans des disciplines souvent très dures comme le ballet, la directrice générale du regroupement se questionne par ailleurs sur la limite à ne pas franchir quand on «casse» un danseur et quand on le pousse au maximum pour «développer son potentiel».   

«Avec cette culture qui dure depuis des siècles, les victimes finissent par s’identifier à leur agresseur», a-t-elle expliqué.   

Lorsqu’elles sont cassées, soit elles «dégagent» soit elles endurent et «perpétuent la loi du silence», soit elles s’identifient et «reproduisent la même chose».   

Mme Cabado conclut en affirmant que pour développer une culture du consentement, il faut prendre conscience du problème, outiller les gens – ce que son regroupement tente de faire depuis quelques années par diverses actions – et oser prendre la parole, «surtout quand on est témoin».

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