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Des pouvoirs inégalés pour le ministre de l’Environnement

Le ministre de l’Environnement Benoît Charette deviendra tout-puissant avec son projet de réforme du fonds vert. Il veut recadrer les dépenses du gouvernement: investir davantage dans l’adaptation aux changements climatiques et moins dans la réduction des GES.
Photo Simon Clark Le ministre de l’Environnement Benoît Charette deviendra tout-puissant avec son projet de réforme du fonds vert. Il veut recadrer les dépenses du gouvernement: investir davantage dans l’adaptation aux changements climatiques et moins dans la réduction des GES.

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Benoît Charette s’arroge des pouvoirs inégalés avec sa réforme du Fonds vert : il deviendra le patron de la lutte aux changements climatiques et il songe à financer les projets de gaz naturel, comme GNL Québec, une « énergie de transition ».

Le gouvernement Legault a déposé jeudi son projet de loi attendu sur la réforme du Fonds vert, qui était critiqué pour ses dépenses saugrenues et son inefficacité. Il sera remplacé par le Fonds d’électrification et de changements climatiques (FECC), dont l’unique responsable sera le ministre de l’Environnement.
  • ÉCOUTEZ le ministre Benoît Charette à l'émission Le retour de Mario Dumont, à QUB radio:    

  «On confère des pouvoirs jamais égalés au ministre de l‘Environnement», a dit M. Charette en conférence de presse. L’objectif: rendre l’action du gouvernement plus efficace. 

Québec a également assoupli l’encadrement sévère qui paralysait l’action du gouvernement avec des normes trop étroites.

Dans le passé, des centaines de millions se sont agglutinés dans le Fonds vert sans être dépensés, alors que Québec est en voie de rater ses cibles de réduction de GES.   

Le ministre de l’Environnement Benoît Charette deviendra tout-puissant avec son projet de réforme du fonds vert. Il veut recadrer les dépenses du gouvernement: investir davantage dans l’adaptation aux changements climatiques et moins dans la réduction des GES.
Photo Simon Clark

Pour guider son action, le ministre s’appuiera deux chiens de garde: un comité consultatif formé de scientifiques, ainsi que le vérificateur général du Québec qui vérifiera les dépenses du fonds chaque année.

Le conseiller vert

Autres pouvoirs du ministre : il pourra donner des « mandats » de réduction de GES à d’autres ministères et faire des avis privés à des collègues ministres.
 
Il ne faut toutefois pas s’attendre à une révolution verte. Si un industriel propose un projet intéressant du point de vue économique, mais très polluant, Benoît Charette « l’accompagnera pour s’assurer de minimiser l’impact du projet ». Il ne pourra pas le bloquer.
 
Le ministre de l’Environnement Benoît Charette deviendra tout-puissant avec son projet de réforme du fonds vert. Il veut recadrer les dépenses du gouvernement: investir davantage dans l’adaptation aux changements climatiques et moins dans la réduction des GES.
Photo Simon Clark

M. Charette a d’ailleurs laissé entendre que le FECC pourra subventionner des «énergies de transition» comme le gaz naturel, moins polluant que le mazout.

Il pourrait même financer GNL Québec, un mégaprojet industriel de liquéfaction de gaz naturel à Saguenay.

Le ministre de l’Environnement Benoît Charette deviendra tout-puissant avec son projet de réforme du fonds vert. Il veut recadrer les dépenses du gouvernement: investir davantage dans l’adaptation aux changements climatiques et moins dans la réduction des GES.
Photo Simon Clark
 
« Peut-être. On réitère des principes : l’importance, c’est la diminution des émissions de GES. Ceux qui ne veulent pas entendre parler de transition énergétique seront déçus », a-t-il dit.
 
En plus du Conseil de gestion du Fonds vert, le projet de loi élimine Transition énergétique Québec, dont les pouvoirs reviendront au ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles.
 
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Le projet de loi en bref

  • Élimination du Fonds vert, remplacé par le Fonds d’électrification et de changements climatiques (FECC)
  • Élimination de Transition énergétique Québec, dont les responsabilités retournent entre les mains du ministre de l’Énergie. 
  • Le ministre de l’Environnement obtient tous les pouvoirs, mais a également les responsabilités en cas d’échec.
Des sommes faramineuses
 
Le Fonds vert a dépensé ou engagé des sommes de 5 milliards $ depuis sa création.