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Arts martiaux mixtes: un gérant aux multiples chapeaux

Manu Molinier gère les carrières d’une soixantaine de combattants

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Manu Molinier entraîne ses athlètes en gymnase quand il n’est pas en train de négocier des contrats. « Cette semaine, j’étais chez moi à négocier avec un Africain et un Sud-américain pour un combat au Qatar. Tu peux aller partout rapidement avec les réseaux sociaux », explique-t-il.

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Entraîneur, préparateur, diététicien, thérapeute, mais surtout, gérant. Voilà les différents chapeaux que porte le passionné d’arts martiaux mixtes Manu Molinier, qui compte une soixantaine de combattants sous sa férule dans ce domaine où la demande ne cesse de croître pour ses services.

Établi à Québec depuis 2009, celui qui est originaire du sud de la France vit depuis quelque temps une espèce de boom, et son nom circule sans frontières.

Si une partie des athlètes qui lui accordent leur confiance sont de sa province d’adoption, les contrats proviennent de partout, dont une quarantaine de l’Europe.

Il a fait ratifier des contrats à des clients en provenance de huit pays et qui œuvrent pour 25 organisations professionnelles, dont Brave Combat Federation (BCF), Bellator, Absolute Championship Akhmat (ACA), Cage Warriors et TKO.

«Dans les prochaines années, sans exagérer, je pense qu’il y en a facilement cinq à six d’entre eux qui pourraient passer en UFC. Le talent est là, le reste c’est une question d’opportunités et de contacts», estime Molinier.

Un exil qui rapporte

Dès l’enfance, en France, Molinier a pratiqué les arts martiaux avant de commencer à se passionner pour l’entraînement en salle, à l’âge de 13 ans. À 20 ans, la supervision de l’entraînement des athlètes en arts martiaux mixtes est devenue sa voie. Puis, en 2005 et 2006, il a organisé des événements dans ce sport qui n’était toujours pas légal dans son pays.

«C’est là que j’ai compris qu’il fallait émigrer ici! Enfin, les arts martiaux mixtes seront légaux en France en janvier prochain, ce qui va me permettre de rapatrier d’autres clients», a-t-il expliqué dans son bureau au club Avantage Multi-Sports, où il supervise l’entraînement de ses clients.

Dans les dernières années, il a notamment travaillé avec Marc-André Barriault, qui a gradué en UFC l’an passé.

Un forfait tout en un

Si l’incursion de Molinier dans le domaine de la gérance d’athlètes lui sourit, ce n’est pas seulement parce que les arts martiaux mixtes ont la cote. Le fait qu’il ait plusieurs cordes à son arc rejoint de nombreux combattants qui voient l’occasion de combiner plusieurs facettes. C’est du moins l’offre qu’il propose aux adeptes québécois.

«Le fait que je sois entraîneur me permet de les aider dans le côté tactique et l’analyse de l’adversaire. En étant préparateur, je gère aussi tout l’aspect de la préparation physique avant un combat. L’aspect diététicien me permet de les aider à faire le poids, et le côté thérapeute me permet de traiter des blessures. Quand ils viennent me chercher comme gérant, ils s’intéressent à moi parce qu’au-delà d’un contrat avec une organisation, je leur propose plusieurs services qu’ils peuvent gérer avec une seule personne. C’est plus simple.»

La vie bien remplie de Manu Molinier rend parfois la gymnastique familiale complexe, mais il ne troquerait sa passion pour rien au monde.

«Tu dois constamment gérer de l’urgence. Souvent, les contrats doivent se signer vite et tu arrêtes tout ce que tu avais entrepris. Ce n’est pas une vie classique, mais une vie excitante.»