/24m/outings
Navigation

«1952»: L'hommage de Geoffroy

«1952»: L'hommage de Geoffroy
Photo Agence QMI, Toma Iczkovits

Coup d'oeil sur cet article

MONTRÉAL – L’artiste montréalais Geoffroy sort vendredi un nouvel album intitulé «1952» qu’il offre comme un grand hommage à sa mère.

Plus de deux ans après avoir lancé son tout premier album intitulé «Coastline», une proposition mélangeant habilement les sonorités indie aux rythmes plus électro, le musicien revient cet automne avec une proposition bien mature, aux arrangements toujours raffinés, qu’il dédie à sa mère, décédée en septembre 2017.

«Au début, je ne savais pas nécessairement où l’album allait aboutir, explique Geoffroy, originaire de Montréal, plus particulièrement du quartier Notre-Dame-de-Grâce. Quand j’ai commencé à le composer, ma mère n’était pas encore décédée, mais elle souffrait du cancer du sein depuis longtemps, et la dernière année ça a été assez difficile. C’était donc très présent, c’est ce qui prenait toute la place, dans mon corps, dans ma tête, dans mon cœur.»

Puis, à force de continuer à travailler sur de nouvelles chansons et de nouveaux textes, l’idée de lui dédier l’album lui est apparue tout naturellement.

«J’ai vite réalisé que j’avais besoin d’extérioriser ça, poursuit le musicien. Le titre m’est venu en tête rapidement, tout comme le concept de l’album. C’est un hommage à ma mère. J’ai eu le temps de lui dire que j’allais faire ça, mais elle n’a pas eu le temps de l’écouter malheureusement. Au moins, elle le savait.»

Le titre de l’album «1952» représente l’année de naissance de sa mère.

«1952»: L'hommage de Geoffroy
Photo Agence QMI, Toma Iczkovits

Un album mature

Il s’en dégage une proposition tout aussi personnelle que bien dansante et chaleureuse, la profondeur des textes se joignant habilement aux atmosphères indie-pop de l’album. Le ton est doux, d’une mélancolie lumineuse. La proposition est sans aucun doute authentique.

«Il est plus mature [que «Coastline»], au niveau des textes et des arrangements, indique Geoffroy. Tenter de trouver ton son, c’est toujours une recherche constante, mais je sens que je suis sur la bonne voie. J’essaie aussi de m’éloigner un peu de l’électronique pour essayer d’incorporer un peu plus d’éléments organiques dans mes chansons.»

Les textes sont également plus raffinés, l’artiste y ayant mis une attention toute particulière étant donné l'hommage que l’album représentait.

«Quand tu parles de voyage ou d’amour, ce sont des idées vraiment vagues, on peut se promener dans ces thèmes-là plus facilement, on peut davantage se permettre d’en dire ce qu’on veut, ajoute-t-on. Tandis que sur cet album-ci, comme je parlais de ma mère, j’étais plus strict avec moi-même. Il fallait que j’en parle bien, d’une manière ni trop explicite, ni trop implicite.»

«1952»: L'hommage de Geoffroy
Photo Agence QMI, Toma Iczkovits

Concerts à Montréal

L’artiste et son groupe de cinq musiciens, les mêmes qui le suivent depuis le début de sa carrière, se préparent désormais pour une grande tournée, au Québec comme à l’international. Deux spectacles sont pour le moment prévus à Montréal, les 14 et 15 novembre au Ausgang Plaza, et ils affichent déjà complet.

«On commence un nouveau show et c’est important de le roder au départ, indique le Montréalais. J’aime mieux commencer ça dans une petite salle comme au Ausgang, pour qu’ensuite, quand on sera rendus aux spectacles qui vont suivre, plus gros, on soit encore confortables. Je voulais quelque chose de plus intime, quelque chose de plus immersif, et c’est-ce que m’offrait cette salle-là.»

Une exposition sera également organisée en marge du spectacle, dans une salle adjacente, à travers laquelle seront exposées différents éléments ayant servi à concevoir l’album comme certains des vidéoclips.

«On a exposé des photos du voyage qu’on a fait en Inde pour réaliser la vidéo de “21 Days”, des photos également qui ont servi à construire l’album, des vidéoclips, explique Geoffroy. Je trouvais ça intéressant d’utiliser cet espace-là.»

«1952»: L'hommage de Geoffroy
Photo Agence QMI, Toma Iczkovits

Carrière en musique

Dans un contexte où l’industrie de la musique traverse actuellement de profonds bouleversements, chaque artiste doit rivaliser d’originalité pour trouver une manière de se faire une place sur la scène musicale. Les carrières en musique ne sont plus ce qu’elles étaient, pour le meilleur comme pour le pire. Ayant étudié en gestion, Geoffroy aborde la question en étant tout à fait conscient de ces nouvelles réalités.

«J’ai toujours eu un côté entrepreneurial, un intérêt pour le “branding” et le marketing, souligne le musicien. Savoir comment tout organiser et être cohérent à travers tes réseaux sociaux, tes communications, à travers les vidéos et les commentaires que tu publies, c’est vraiment important.»

En plus de cette nécessaire cohérence, la gestion que représente une carrière en musique, dans une période où les revenus sont tout aussi changeants qu’imprévisibles, représente également un volet non négligeable.

«C’est une grosse gestion, ne serait-ce que pour superviser tout ce qui se passe. Tu peux avoir jusqu’à sept ou huit sources de revenus dans ce milieu-là. J’ai un gérant qui gère une équipe d’une vingtaine de partenaires. Je supervise le tout et je sais de quoi on parle, étant donné mon expérience en gestion. Je suis conscient de ce qui se produit et je peux rectifier le tir plus facilement lorsque je réalise qu’on prend une mauvaise direction.»

«1952»: L'hommage de Geoffroy
Photo Agence QMI, Toma Iczkovits

Commanditaires

Les partenariats entre artistes et entreprises tendent également à devenir la norme dans un contexte où la vente d’albums assure de moins en moins une sécurité financière aux artistes.

«Quand Karkwa avait participé à la publicité de “Coke” il y a quelques années, ça avait fait tout un tollé dans le monde de la musique. Aujourd’hui, c’est complètement le contraire, les artistes veulent s’associer à des marques, être promus par des publicités. Comme il n’y a plus cette abondance en vente, il faut se tourner vers autre chose, chacun trouve sa stratégie.»

«1952»: L'hommage de Geoffroy
Photo Agence QMI, Toma Iczkovits