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«Aller de l’avant» : réconfortant Mario Jean

«Aller de l’avant» : réconfortant Mario Jean
Photo AGENCE QMI, STEVE MADDEN

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BROSSARD | On retrouve Mario Jean sur scène comme on renoue avec un vieil ami qu’on n’a pas vu depuis longtemps, mais qu’on connaît par cœur. On sait que les retrouvailles seront peut-être prévisibles, mais aussi, qu’elles seront assurément agréables, rigolotes, pas compliquées. Bref, réconfortantes.

À 54 ans, promenant fièrement son sixième «one man show» en carrière, Mario Jean n’est plus exactement la saveur du jour, mais son public lui est fidèle et dévoué. En faisaient foi les rires généreux et complices qui secouaient l’Étoile du Quartier Dix30, à Brossard, vendredi, où l’humoriste proposait sans tambour ni trompette la première médiatique de son actuel spectacle, «Aller de l’avant».

Son équipe a d’ailleurs profité de l’occasion pour lui remettre un billet d’argent, soulignant la vente de 25 000 billets pour ce même projet.

Âge d’or

Les spectateurs de Mario Jean sont de son âge ou plus âgés et se plaisent visiblement à écouter ses taquineries et anecdotes – très bien tournées –, qui portent sur sa propre vieillesse, son chat, ses 34 ans de vie de couple, sa retraite imminente, ses deux garçons maintenant jeunes adultes.

Son entrée en matière, dans laquelle il admet que son corps ressent les effets du temps qui passe, donne bien le ton. Ses membres sont maintenant «incapables de célébrer» parce que trop ankylosés? «Ça adonne bien, je suis un "fan" des Canadiens», philosophe-t-il. Il possède même déjà sa carte de l’âge d’or. «Je la sors juste quand la caissière est plus vieille que moi», nuance-t-il.

Il faut l’entendre s’exaspérer sur la notion du «moment présent», se moquer des activités traditionnellement associées à la retraite, dont Facebook (très drôle), tourner le discours de Pierre-Yves McSween en dérision, s’essouffler simplement en jasant de jogging ou tenter de comprendre pourquoi ses fils ne quittent pas le foyer familial («Des fois, je fais des journées portes ouvertes» ; «J’ai trouvé pourquoi ils restent. En un mot: Wi-Fi!»)... Du bonbon!

De plus, le segment final, dans lequel il raisonne les hommes irrespectueux qui font fi du consentement sexuel, est pertinent et bien songé.

«"Dick pick", on s’entend que c’est pas loin de "deux de pique"...», image-t-il.

Acteur efficace

Ses récits de tranches de vie n’innovent pas, mais on s’y reconnaîtra tous. Les boutades sur le stationnement plus facile à Brossard pour les gens de Montréal, ç’a été mille fois entendu, mais dans la bouche d’un Mario Jean espiègle, à l’esprit vif, ça devient plutôt divertissant.

Idem quand il déplore que son épouse refuse qu’il boive du lait à même la pinte; ça sent le réchauffé... jusqu’à ce qu’il trace un parallèle avec leurs activités sexuelles de la veille.

On ne va pas voir Mario Jean en 2019 pour le plaisir de la découverte, mais l’artiste est un sacré acteur (des séries comme Les pays d’en haut, District 31 et 30 vies figurent à son récent curriculum vitae de comédien), et sa prestation en est d’autant plus efficace.

Qui plus est, même s’il blague souvent – avec l’apport amusé de son parterre – sur le fait qu’il sacre beaucoup, il n’abuse pas de la grossièreté, ce qui est tout à son honneur.

Mario Jean continuera de présenter «Aller de l’avant» en tournée dans la prochaine année. Pour connaître son itinéraire, on consulte son site officiel