/sports/opinion/columnists
Navigation

L’équipe Cendrillon de Washington

Les joueurs et membres de l’organisation des Nationals de Washington célébrant le premier championnat de l’histoire de la concession, mercredi soir au Minute Maid Park, à Houston.
Photo AFP Les joueurs et membres de l’organisation des Nationals de Washington célébrant le premier championnat de l’histoire de la concession, mercredi soir au Minute Maid Park, à Houston.

Coup d'oeil sur cet article

Lorsque minuit a sonné, le carrosse ne s’est pas transformé en citrouille, mais en un trophée emblématique de la suprématie du baseball majeur et les Nationals de Washington en ont pris possession.

Cinq fois, les Nationals ont fait face à l’élimination cet automne, cinq fois ils ont relevé le défi.

Et si Stephen Strasburg a été élu le joueur par excellence de la série, il le méritait amplement.

Les Nationals de Washington étaient-ils une équipe marquée par le destin ? Je ne connais personne qui, à la fin du mois de mai, aurait pu prédire qu’avec un dossier de 19-31, les Nationals allaient non seulement se retrouver en Série mondiale, mais surtout, éclipser le club qui affichait le meilleur dossier des majeures (107-55), les Astros de Houston, dans la classique de fin de saison.

Personne... surtout pas moi.

Les Nationals n’ont pas eu la vie facile. Ils se sont qualifiés pour les séries avec le troisième pire dossier des aspirants, soit de 93-69.

Puis, il a fallu un coup sûr, doublé d’une erreur du voltigeur de droite des Brewers de Milwaukee, pour qu’ils franchissent la première étape. Puis, il a fallu deux circuits d’affilée d’Anthony Rendon et Juan Soto, aux dépens de nul autre que Clayton Kershaw, qui ont pavé la voie au grand chelem de Howie Kendrick, pour éliminer les Dodgers de Los Angeles.

Les Cardinals balayés

Ils devaient par la suite négocier avec les Cards de St. Louis, qui avaient remporté le championnat de la section Centrale de la Nationale, mais avec une fiche inférieure à la leur, soit de 91-71.

Ils les ont écartés de leur route en quatre matchs d’affilée !

Rien de moins.

Enfin, ils se retrouvaient face à la meilleure équipe des majeures qui venait d’éliminer une autre équipe affichant au moins 100 victoires, les Yankees de New York. Et, c’était le petit Jose Altuve, le seul survivant de trois tristes saisons d’au moins 100 défaites avec les Astros, qui allait river le dernier clou dans le cercueil des Bombardiers du Bronx... avec une claque de deux points, en fin de neuvième manche, contre nul autre que le grand Aroldis Chapman.

Les Astros avaient un deuxième titre mondial à leur portée au cours des trois dernières campagnes.

Mais les Nationals sont d’abord allés leur arracher deux victoires devant des Texans sidérés. Surtout lors du deuxième échec alors qu’une poussée de six points en sixième manche les a littéralement assommés.

L’issue du cinquième match de la Série mondiale aurait-elle été différente si Max Scherzer et non Joe Ross avait affronté Gerrit Cole ?

On ne le saura jamais, mais personnellement j’en doute, car ce soir-là Cole semblait intraitable.

Les Astros ont renversé la vapeur en allant arracher trois victoires aux Nationals sur leur terrain et la grosse machine texane avait alors pris un élan irrésistible.

La saga de Dave Martinez

La route de Dave Martinez n’a pas été facile. Après avoir été dans l’ombre de Joe Maddon, d’abord avec les Rays de Tampa Bay, puis avec les Cubs de Chicago, l’ancien voltigeur de centre des Expos a finalement eu sa chance lorsque les Nationals lui ont confié la barque des Nationals en 2018.

Après une fiche de 82-80 à sa première campagne, Martinez aurait pu facilement être congédié après le début désastreux de son club en 2019. La direction a décidé de lui faire confiance et il n’a pas déçu.

Face à des équipes qui, sur papier, possédaient du personnel de lanceurs partants et de releveurs supérieurs au sien, Martinez a navigué comme un vétéran capitaine en utilisant avec doigté des partants comme releveurs ; qu’il s’agisse de Stephen Strasburg, de Patrick Corbin ou de Max Scherzer avant d’avoir recours à Sean Doolittle ou Daniel Hudson pour sceller l’issue des matchs.

La cerise sur le gâteau serait maintenant qu’on lui offre une prolongation de contrat. Il ne l’a pas volé.

MERCI et au printemps prochain !

Cette chronique est ma dernière de la saison 2019 et j’en profite pour vous remercier, vous, les lecteurs, d’avoir été fidèles à ces rendez-vous bimensuels. Je vous souhaite de passer un bon hiver et j’espère vous retrouver tous, en bonne santé, le printemps prochain, pour une nouvelle saison de baseball autant dans les pages du Journal de Montréal qu’à l’antenne de TVA Sports.