/misc
Navigation

Les deux mains sur le volant (et le pied sur l’accélérateur)

Periode des questions
Photo Agence QMI, Simon Clark Ainsi, le discours de François Legault a changé et il insiste maintenant sur une meilleure efficacité d’Hydro-Québec, moins surveillée pas à pas par la Régie.

Coup d'oeil sur cet article

Malgré une opposition tous azimuts, le gouvernement Legault n’hésitera pas à faire adopter la loi sur les tarifs d’Hydro-Québec sous bâillon, et s’est octroyé tous les pouvoirs pour rendre le Fonds vert plus malléable. Le premier ministre chef d’entreprise adopte la philosophie des deux mains sur le volant.

Le gouvernement caquiste n’hésite pas à bousculer pour déployer les éléments de son programme. Guidé par ce qu’il croit être la faveur populaire, le rouleau compresseur poursuit sa lancée, ajustant son discours au besoin.

Ainsi, après avoir été secoué par les critiques des citoyens qui lui reprochaient de ne pas retourner les trop-perçus d’Hydro-Québec dans leurs poches, François Legault a accouché d’une solution qu’il entend mener à terme coûte que coûte.

Même si les groupes de consommateurs s’y opposent. Et les entreprises aussi. Tout comme les experts et quatre anciens ministres des Ressources naturelles.

Une somme de 500 millions $ sera créditée aux consommateurs sur leur compte de janvier 2020. Le tarif d’électricité sera gelé pour cette année et sera ensuite fixé à l’inflation pendant quatre ans.

Là où le bât blesse, c’est que, selon les experts, la Régie de l’énergie aurait pu établir des hausses de tarif plus basses que l’inflation dans les prochaines années. Ainsi, à moyen terme, les Québécois risquent de payer encore un peu plus que « le juste prix ».

Il faudra attendre cinq ans avant de le savoir, puisque le projet de loi du ministre Jonatan Julien retire l’exercice de reddition de compte annuel d’Hydro devant la Régie pour en faire un rendez-vous quinquennal.

Ajustement de discours

Dans les officines du gouvernement Legault, on reconnaît qu’il n’était pas opportun de prétendre, lors du dépôt de la loi, que le gouvernement retournait 1,5 milliard $ aux consommateurs. « On s’est fait accroire des affaires un peu, mais à la fin, quand même, on retourne de l’argent », résume une source.

Ainsi, le discours de François Legault a changé et il insiste maintenant sur une meilleure efficacité d’Hydro-Québec, moins surveillée pas à pas par la Régie.

Hydro-Québec, moins surveillée. Il ne me semble pas que ce soit là un gage de succès. En même temps, dans le cas de la Régie de l’énergie, elle a parfois donné l’impression de se comporter comme un arbitre à la lutte, plus ou moins de connivence avec le bon ou le méchant, fermant les yeux au gré des scénarios.

On verra dans cinq ans si le scénario Legault aura été profitable pour les Québécois.

Devant l’absence prévisible de collaboration des partis d’opposition, le recours au bâillon pour adopter la loi laisse peu de doutes. Hydro-Québec, déjà, ne s’est pas présentée à une audition de la Régie en vue de la fixation des tarifs annuels, en se comportant comme si la loi était adoptée.

« Pour la suite, le tarif fixé à l’inflation, le monde ne parle pas de ça dans les autobus, le débat des experts avec une boule de cristal, ça fait longtemps qu’ils ont perdu l’attention du monde », estime la source gouvernementale.

Chez les élus caquistes, on ne perçoit pas de malaise, malgré la quasi-unanimité contre le projet de loi. « On pense que c’est mal vendu, mais ce n’est pas remis en question », a confié un membre du caucus.

Charette aux commandes

Si la Régie de l’énergie est mise de côté, le conseil de gestion du Fonds vert, lui, est complètement aboli. Comme énoncé précédemment dans cette chronique, la « machine » gouvernementale offrait trop de résistance au conseil, et le gouvernement Legault a préféré ne pas « mettre des énergies dans un changement de culture », nous dit-on. Pour son Fonds vert 2.0, il confère donc tous les pouvoirs au ministre Benoit Charette, qui donnera son avis sur les projets que veulent financer ses collègues. Le Fonds servira aussi davantage à l’adaptation aux changements climatiques, et pas seulement à la réduction des GES.

Ça fait beaucoup de concentration de pouvoirs, mais le gouvernement fait le pari que c’est la voie à suivre pour plus d’efficacité.

En vrac 

Dorion et Spotify 

Periode des questions
Photo Agence QMI, Simon Clark

 

« Le gouvernement québécois met l’avenir de la culture québécoise dans les mains de Pablo Rodriguez et de Mélanie Joly. Quant à ça, on pourrait demander à Justin Trudeau de faire l’indépendance du Québec, puis on va attendre. » — Catherine Dorion, QS

Lignes de comm pour... l'Halloween!

Le bureau du premier ministre prépare tous les jours des réponses prémâchées pour ses élus. Il a un peu poussé en suggérant quoi dire sur le report ou non de la cueillette de bonbons. « J’me sens comme un abruti », a confié un député.

Les bulletins

Andrés Fontecilla, QS 

Periode des questions
Photo Agence QMI, Simon Clark

 

Après la publication du règlement sur le test des valeurs, le solidaire de Laurier-Dorion a accusé le gouvernement de « mener une campagne pour nourrir les préjugés envers les immigrants », en faisant un amalgame douteux avec la loi sur la laïcité « qui empêche les femmes musulmanes de travailler dans l’enseignement » et la loi qui modernise l’industrie du taxi. C’était pousser fort la note...

Marguertie Blais, CAQ 

Periode des questions
Photo Agence QMI, Simon Clark

 

La ministre responsable des Aînés a osé révéler des détails plus sombres de sa vie personnelle pour sensibiliser la population aux problèmes de santé mentale. Mme Blais a « frappé un mur » après la mort de son mari et a dû être médicamentée. Elle fait une démonstration inspirante qu’il est possible de se relever et d’être une femme forte après une période difficile. 

Marie-Claude Nichols, PLQ 

Periode des questions
Photo Agence QMI, Simon Clark

 

La députée de Vaudreuil ne lâche pas le morceau au nom des sinistrés de Sainte-Marthe-sur-le-Lac au bout du rouleau, dont le dossier n’est pas réglé, des mois après l’inondation. Pendant qu’elle rappelait au premier ministre que des sinistrés attendent de pouvoir le rencontrer, mercredi, au Salon bleu, François Legault semblait plus concentré sur son téléphone. Oups !

Martin Ouellet, PQ 

Periode des questions
Photo Agence QMI, Simon Clark

 

L’affaire n’a pas fait grand bruit, mais un projet de loi du gouvernement Legault vise à centraliser les achats des ministères et organismes. Va pour les économies d’échelle, mais le député de René-Lévesque a bien fait de soulever l’enjeu de l’impact sur les PME. « Est-ce que les écoles vont pouvoir encore acheter leurs livres dans les librairies locales plutôt que de les acheter chez Costco ? »