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L’histoire d’un long silence

<b><i>Le ghetto intérieur</i></b><br>
Santiago H. Amigorena, aux Éditions P.O.L, 192 pages
Photo courtoisie Le ghetto intérieur
Santiago H. Amigorena, aux Éditions P.O.L, 192 pages

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Avec ce livre, qui est en lice pour une foule de prix, Santiago H. Amigorena raconte ce que son grand-père n’a jamais voulu dire.

En 1928, Vicente Rosenberg a quitté Varsovie pour s’installer en Argentine. Plus précisément à Buenos Aires. Il avait ce besoin d’aller voir ailleurs, de voler de ses propres ailes. Laissant derrière lui sa mère, son frère et sa sœur, il y commencera ainsi une toute nouvelle vie, très vite égayée par la présence de Rosita et la naissance de leurs trois enfants.

Au fil des ans, Vicente a bien sûr régulièrement écrit à sa mère afin de la convaincre de venir s’installer chez lui, rue Paraná, mais aussi têtue qu’une mule, jamais elle n’a accepté. Lorsque la Seconde Guerre mondiale a éclaté, elle était donc toujours à Varsovie. Et lorsque les troupes nazies commenceront à enfermer les Juifs dans des ghettos, Vicente regrettera amèrement de ne pas avoir su se montrer plus convaincant.

Prisonnier de ses souvenirs

Ce roman n’a pas été écrit pour revenir une fois de plus sur les innombrables horreurs de la Shoah. Il se penche plutôt sur le sort de ceux qui, après avoir émigré au loin, auront du mal à savoir ce qui se passe vraiment en Europe, et encore plus de mal à vivre avec le sentiment de culpabilité qui s’insinuera peu à peu en eux.

Dès 1940, les lettres de la mère de Vicente se feront par exemple de plus en plus rares. Des lettres qui racontent l’indicible, et dont l’une sera même postée le jour où Hitler décidera de se débarrasser définitivement de tous les Juifs avec la Solution finale. Maintenant, essayez d’imaginer ce que peut ressentir celui qui les lira...

Un livre bouleversant.

Frissons garantis

Les roses de la nuit

<b><i>Les roses de la nuit</i></b><br>
Arnaldur Indridason, aux Éditions Métailié,  256 pages
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Les roses de la nuit
Arnaldur Indridason, aux Éditions Métailié, 256 pages

Surprise ! Près de 20 ans après sa publication en Islande, on peut enfin lire en français le deuxième opus de la série du commissaire Erlendur Sveinsson ! Ce qui explique d’ailleurs pourquoi l’intrigue se déroule en 1998. Cette année-là, alors qu’il n’y a presque jamais de meurtres à Reykjavík, le cadavre d’une jeune fille sera retrouvé sur la tombe du célèbre Jon Sigurdsson, le héraut de l’indépendance islandaise. Et comble de l’horreur, la victime aurait apparemment été étouffée, non sans avoir d’abord été violée et rouée de coups.

Le commissaire Erlendur et son adjoint ultra américanisé Sigurdur Oli seront ainsi chargés d’enquêter.

Paradis artificiels

Très vite, le tandem de policiers découvrira que la jeune fille était accro à l’héroïne depuis déjà plusieurs années et que de ce fait, elle devait fort probablement faire commerce de son corps pour payer ses doses. Un milieu que la propre fille d’Erlendur connaît bien, puisqu’elle a elle aussi sombré très jeune dans les drogues. C’est du reste grâce à ses renseignements et à ses contacts que l’enquête fera un pas de géant, et que son père ne tardera pas à se rendre du côté des fjords de l’Ouest, soit là où tous les malheurs de la victime auraient commencé.

Même s’il en était encore à ses débuts, Arnaldur Indridason signe une captivante histoire qui nous permet d’en apprendre pas mal sur les antécédents familiaux de son héros.

À LIRE AUSSI CETTE SEMAINE

La vie en chantier

Pete Fromm, aux Éditions Gallmeister, 384 pages
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Pete Fromm, aux Éditions Gallmeister, 384 pages

Ouhhh qu’il nous a touché, ce roman ! Car même si Marnie et Taz avaient tout prévu pour être heureux jusqu’à la fin des temps, ils ne tarderont pas à être frappés par le malheur : Marnie ne survivra pas à la naissance de leur petite fille. Ensuite, à Taz de se débrouiller pour surmonter son immense chagrin tout en essayant de devenir le meilleur des papas. Une histoire à la fois très belle et très joliment écrite.


Sleeping Beauties

Stephen King et Owen King, aux Éditions Le livre de poche, 960 pages
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Stephen King et Owen King, aux Éditions Le livre de poche, 960 pages

Père et fils ont conjugué leur talent pour nous plonger en plein cauchemar : dès qu’elles s’endorment, toutes les femmes de la planète sont désormais enfermées dans un épais cocon et gare à ceux qui osent les sortir de là ! Également touchés par la fièvre Aurora (le nom qui a été donné à ce mal mystérieux), les habitants d’une petite ville des Appalaches tenteront cependant d’échapper au chaos. La lecture post-Halloween idéale !


Flora

Collectif, aux Éditions MultiMondes, 440 pages
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Collectif, aux Éditions MultiMondes, 440 pages

Depuis quelques années, de nombreux chercheurs affirment que les arbres et les végétaux peuvent communiquer entre eux. Mais pour ce qui est de ce livre, c’est plutôt l’inverse... puisque c’est lui qui fait parler de lui ! En expliquant de façon simple à peu près tout ce qu’on veut savoir sur les racines, les branches, les feuilles, les fleurs, les graines et les arbres, c’est un superbe ouvrage.


La clinique du coureur

Blaise Dubois et Frédéric Berg, aux Éditions Mons, 496 pages
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Blaise Dubois et Frédéric Berg, aux Éditions Mons, 496 pages

 

Que ce soit pour courir mieux ou pour apprendre à courir tout court, ce gros bouquin fait désormais partie des incontournables. Car quelle que soit la question qu’on se pose (entraînement, technique, performances, blessures, ça peut vraiment être n’importe quoi !), il nous donnera la réponse. Autant en profiter tant que les trottoirs et les petits chemins de montagne ne sont pas encore couverts de neige !