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Esprit de Rivière-du-Loup... es-tu là?

Bienvenue chez John A. Macdonald ! Ou plutôt : bienvenu au Gîte Les Rochers, le bed and breakfast qui occupe l’édifice scrupuleusement préservé.
Photo courtoisie, Gilles Proulx Bienvenue chez John A. Macdonald ! Ou plutôt : bienvenu au Gîte Les Rochers, le bed and breakfast qui occupe l’édifice scrupuleusement préservé.

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Oui, l’esprit de Rivière-du-Loup est toujours au rendez-vous ! Chaque fois que je visite le cœur historique de cette ville du Bas-Saint-Laurent, je retrouve l’âme du vieux Canada français de la fin du 19e siècle. À l’époque, nous, les « habitants », étions les conquis ; nos maîtres, anglophones pour la plupart, aimaient toutefois à profiter de nos beautés naturelles. Et ces maîtres adoraient Rivière-du-Loup !

Cette vue olympienne sur le Saint-Laurent donne un sentiment de 
supériorité, sans doute. Les gens puissants, le cigare au bec, s’enivraient de cette assurance par rapport au petit monde d’en bas.
Photo courtoisie, Gilles Proulx
Cette vue olympienne sur le Saint-Laurent donne un sentiment de supériorité, sans doute. Les gens puissants, le cigare au bec, s’enivraient de cette assurance par rapport au petit monde d’en bas.

 

Quand on parle de Rivière-du-Loup, on pense à Mario Dumont. On ne sait pas que le tout premier premier ministre du Canada, John A. Macdonald, qui habitait à Kingston, s’y était fait bâtir dès 1873 une maison d’été où il est venu pendant 13 ans. Une véritable mode de Rivière-du-Loup circulait alors chez l’élite anglo-saxonne qui se répétait que c’était le meilleur endroit où respirer à pleins poumons l’air marin (ce qui n’est pas complètement faux !). Avant l’époque des sports d’hiver, c’était le Mont-Tremblant du temps. Dans le secteur patrimonial du vieux Saint-Patrice, on retrouve la trace de nombreuses familles marquantes de la fin du 19e siècle.

Comme dans tout secteur « huppé », les gens qui ont réussi financièrement aiment à s’installer près du pouvoir. Une maison ornée de fleurs de lys nous rappelle qu’il y a toujours eu de fiers Canadiens français dans ce bastion... même si John A. n’était pas réputé pour sa tendresse envers la culture du vaincu.

Cette magnifique maison ne fait pas un mystère des origines 
canadiennes-françaises de l’occupant et de son nationalisme.
Photo courtoisie, Gilles Proulx
Cette magnifique maison ne fait pas un mystère des origines canadiennes-françaises de l’occupant et de son nationalisme.

Esprit louperivois

Parmi les invités de marque qui arrivaient en bateau, puis en carrosse, dans la demeure fastueuse de John A., il y avait George-Étienne Cartier. C’est ici, dit-on, que l’on a décidé, en haut lieu, sur la terrasse devant le Saint-Laurent, du sort de Louis Riel, pendu en 1885.

Est-ce que j’exagère si j’attribue à l’esprit louperivois une partie de la philosophie politique de Mario Dumont, fédéraliste, mais nationaliste, admirateur de René Lévesque, mais pas indépendantiste, et fondateur d’un parti, l’ADQ, qui, mine de rien, rebaptisé Coalition avenir Québec, dirige notre État en ce moment ?