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[VIDÉOS] Geoffroy: tout pour sa mère

Geoffroy
Photo courtoisie, Maxime Dionne

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C’est aussi rare que profondément touchant. Le musicien électro-pop montréalais Geoffroy a décidé de se servir de son nouvel album pour rendre un vibrant hommage à sa mère, emportée par le cancer, en 2017.

«À l’amour infini d’une mère pour son fils». Ce sont ces mots qui apparaissent à l’écran à la fin du vidéoclip du single The Fear of Falling Apart, dans lequel Geoffroy partage des images de son enfance, des bouts de film qu’il a dénichés en fouinant dans les archives VHS familiales.

L’inverse pourrait être vrai pour décrire 1952 (le titre évoque l’année de naissance de maman Jacqueline, dont une photo a servi de modèle pour le dessin qui orne la pochette) tant on sent dans cette collection de chansons, dévoilée cette fin de semaine, l’amour infini d’un fils pour celle qui lui a donné la vie.

«Ça fait un peu drôle de rendre mon deuil public parce que c’est très intime. Je m’ouvre complètement au monde», confie Geoffroy Sauvé.

Grâce aux images d’époque que son père avait conservées, on entend même la voix enjouée de Geoffroy enfant sur le successeur de Coastline, l’album qui l’avait établi parmi les noms à surveiller de la musique québécoise, en 2017.

«J’ai fouillé dans des tiroirs que je n’avais pas ouverts en trente ans chez nous. Je suis tombé sur des trucs que je n’avais même pas encore vus et ça m’a permis d’en apprendre plus sur mes parents. Je suis content que mon père ait sorti la caméra quand j’étais jeune. Même si c’est difficile, ce n’est pas tout le monde qui possède des souvenirs aussi précieux.»

«Pas le droit à l’erreur»

En contrepartie, Geoffroy s’est imposé une pression énorme pour que son oeuvre soit à la hauteur. Pendant deux ans, il a pesé et soupesé la moindre note, le moindre mot. Tout devait être parfait.

«Je ne me donnais pas le droit à l’erreur. Si je parle de ma mère et de trucs aussi intimes, ça ne peut pas être un travail brouillon. Ça doit être les bons mots aux bons moments, pas trop explicites ni trop implicites.»

«J’ai joué dans l’entre-deux pour donner quelque chose de poétique. Après deux ans, je pense que j’ai réussi», dit celui qui n’a jamais senti de pression pour accélérer le processus de ses collaborateurs professionnels.

«Ils ont été super respectueux. C’était la première fois qu’ils travaillaient avec quelqu’un dont l’album porte sur le deuil. Ils m’ont laissé le temps de faire des modifications.»

Le monde dans sa mire

L’intime, on le répète souvent, touche à l’universel et avec 1952, Geoffroy vise à développer davantage sa carrière internationale.

«J’espère que cet album, sur lequel j’ai mis encore plus d’efforts que Coastline, va avoir le même impact, et même plus gros, à travers le monde», avance l’artiste dans la jeune trentaine, qui mise notamment sur une équipe de gérance à Toronto pour le représenter à l’étranger.

Sa conquête du monde repose déjà sur une bonne base : la chanson Sleeping On My Own, qui compte à ce jour 8,9 millions d’écoutes sur la plateforme Spotify.

On imagine que Geoffroy aimerait bien qu’elle franchisse le cap des 10 millions.

«Elle va le faire parce que ça continue d’augmenter régulièrement. Le fait de lancer un autre album va faire en sorte que les gens vont aller écouter ce que j’ai fait avant. Mais il ne faut pas s’attarder à ça. Nous avions des objectifs, on les a atteints il y a longtemps, et si on se rend à dix millions ce sera la cerise sur le sundae.»


► L’album 1952 est sur le marché maintenant. Geoffroy sera en concert les 14 et 15 novembre, à l’Ausgang Plaza, à Montréal, et le 18 novembre, au Studio du Grand Théâtre de Québec.