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«Je veux passer à une autre étape»

Nicholas Latifi est forcé de garder le silence sur ses projets

Nicholas Latifi a pris le volant d’une Williams durant les essais libres présentés lors du Grand Prix du Canada, en juin.
Photo d’archives, Martin Chevalier Nicholas Latifi a pris le volant d’une Williams durant les essais libres présentés lors du Grand Prix du Canada, en juin.

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AUSTIN, Texas | Généreux de son temps et de fort bonne humeur, Nicholas Latifi a répondu aux questions du représentant du Journal de Montréal pendant une bonne quinzaine de minutes, jeudi, dans les installations de l’écurie Williams au Circuit des Amériques.

En fait, toutes nos questions ont trouvé réponse ; sauf une, la plus importante, concernant son avenir en course automobile.

Si Le Journal a appris de sources sûres que l’équipe Williams le confirmera comme pilote titulaire en 2020 dans quelques semaines, le Torontois, lui, n’a pas voulu s’avancer sur le dossier.

« Il est trop tôt pour annoncer quoi que ce soit », a-t-il déclaré d’entrée de jeu.

Bientôt finie la F2

Mais pendant notre discussion, les indices sur son passage en F1 à temps plein n’ont fait aucun doute.

« Après quatre ans en F2, je dois passer à une autre étape, a poursuivi le pilote de 24 ans, soit d’accéder à la F1 l’an prochain. Une chose est certaine, mon stage en F2 se terminera à Abou Dhabi à la fin du mois, à l’occasion des deux dernières courses de la saison. Après, ce sera terminé. »

S’il a concédé le championnat au Néerlandais Nyck de Vries, Latifi peut aspirer à terminer deuxième au classement final. La superlicence exigée par la FIA pour rouler en F1 à temps plein lui est déjà acquise.

Le seul candidat

Quand on lui a demandé s’il est le seul candidat pour remplacer le Polonais Robert Kukica chez Williams l’an prochain, Latifi a répondu que Nico Hülkenberg est aussi considéré. Or, après notre entrevue, on a appris que l’Allemand, qui perdra son volant chez Renault à la fin de la saison, n’a aucune intention de rejoindre Williams.

« Je ne suis pas le pilote que ses dirigeants recherchent, a reconnu Hülkenberg. Je suis arrivé à un tournant dans ma carrière qui ne cadre pas avec la période qu’ils traversent. »

Des propos qui signifient clairement que Williams bénéficiera d’un appui financier important de la famille de Latifi. On dit de son père, Michael, fondateur de Sofina, une entreprise prospère dans le domaine de l’alimentation, qu’il est aussi riche (sinon plus) que Lawrence Stroll, copropriétaire de l’écurie Racing Point qui fait courir son fils Lance en F1.

Sept petits tours...

Comme le permet le règlement sportif en F1, un pilote recrue peut participer à la séance d’essais libres du vendredi matin. Après sa participation au Mexique la semaine dernière, on a confié à Latifi la monoplace du Britannique George Russell hier matin, au Texas.

Malheureusement pour le pilote canadien, son parcours au Circuit des Amériques — qu’il découvrait — a été interrompu après seulement sept tours, victime d’un bris de la boîte de vitesses de sa Williams.

Un promoteur aux oiseaux

François Dumontier et Nicholas Latifi
Photo Louis Butcher
François Dumontier et Nicholas Latifi

Présent à Austin comme c’est son habitude, François Dumontier se réjouit de la possibilité de voir un deuxième pilote canadien rouler à temps plein l’an prochain en F1.

« Si le projet concernant Nicholas Latifi se concrétise, je vais évidemment être le premier à m’en réjouir », a déclaré le promoteur du Grand Prix du Canada, en entrevue au Journal de Montréal.

« Que demander de mieux si la rumeur se confirme ? » a-t-il enchaîné. On vivrait un moment historique. On n’a jamais vu deux pilotes canadiens avec des volants permanents en même temps en F1.

« Et pour nos amateurs qui viendront au circuit Gilles-Villeneuve en juin prochain, a souligné Dumontier, ce sera une occasion d’encourager un deuxième pilote (après Lance Stroll), originaire de leur pays. »

10 pour cent du plateau

Qui aurait cru, un jour, qu’on puisse arriver à une telle statistique ?

« Si on fait un calcul rapide », a fait remarquer Dumontier, deux pilotes canadiens en F1 (sur les 20 engagés), ça représente 10 pour cent du plateau.

« Ça prouve qu’on prend une place de plus en plus grande au Championnat du monde. »

Qui d’autre que Hamilton ?

Lewis Hamilton est bien déterminé à confirmer son sixième titre en F1 dès demain, et il l’a clairement démontré à l’occasion de la première journée du Grand Prix des États-Unis, hier.

Le Britannique, qui n’a besoin que de terminer au huitième rang pour être couronné champion du monde, s’est avéré le pilote rapide à l’issue des deux premières séances d’essais libres à Austin.

À bord de sa Mercedes en après-midi, il a parcouru le Circuit des Amériques en 1 min 33,232 s pour devancer le Monégasque Charles Leclerc (Ferrari) par 301 millièmes de seconde. Le Néerlandais Max Verstappen (1:33,547) s’est pointé troisième au volant de sa Red Bull.

Sebastian Vettel (Ferrari) et Valtteri Bottas ont suivi dans l’ordre. Seuls ces quatre pilotes sont à moins d’une seconde du détenteur de la position de tête provisoire.

Le Finlandais est le seul à pouvoir inquiéter son coéquipier chez Mercedes dans la course au titre, mais il est condamné à gagner la course dimanche pour conserver un espoir, très mince soit-il.

Stroll dans le Top 10

À l’aise à Austin sur un tracé qu’il affectionne, Lance Stroll (1:34,744) s’est classé au 9e rang, alors que son partenaire chez Racing Point, Sergio Pérez, a dû se contenter de la 15e place.

« Nous ne sommes que vendredi, a dit le Québécois, et on ne connaît pas la stratégie de chacun, mais je suis satisfait du comportement de ma voiture dans l’ensemble. C’est prometteur pour la suite des choses. »