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La retraite vue du haut de son drone

Jean Gaboury a découvert une nouvelle passion et multiplie les contrats de captation d’images aériennes

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Photo Jean-Francois Desgagnés Jean Gaboury, retraité

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Retraité de la fonction publique, Jean Gaboury est aujourd’hui artiste en images aériennes grâce à son drone. Et ses contrats se multiplient, car il est l’un des seuls à avoir les certifications nécessaires pour faire voler son engin en zone restreinte.

Après 33 ans de services comme professionnel et gestionnaire au ministère québécois de l’Emploi et de la Solidarité sociale, M. Gaboury jouit aujourd’hui d’une retraite emballante à Québec.

« Je pensais travailler jusqu’à 65 ans », dit-il. Mais, à l’automne 2015, il vérifie s’il peut se permettre de partir plus tôt, connaissant les avantages de la fonction publique. Il a la confirmation qu’il peut prendre sa retraite dès le printemps 2016, à 61 ans.

« Mais là, si je prends ma retraite, je fais quoi ? », s’est-il questionné.

Durant trois mois, Jean Gaboury pense à toutes sortes de plans d’affaires, comme laver des voitures de luxe ou donner des conseils en gestion.

Mais il est créatif. Il aime la musique et est talentueux avec les technologies.

« Je suis tombé sur les drones. Je me suis dit que je pourrais faire ça. Je regardais de belles images sur YouTube avec de la belle musique. Il y en avait beaucoup avec des drones. Ça avait l’air intéressant », mentionne-t-il.

Courbe d’apprentissage

Jean s’achète un drone et commence son apprentissage de façon autodidacte. Jamais il n’avait piloté et jamais il n’avait fait de vidéo ni de photographie professionnelle.

« J’ai commencé avec un drone et tout l’apprentissage pour manœuvrer ça et le faire voler. Ensuite, j’ai développé mes aptitudes pour faire de bonnes scènes cinématographiques. Apprendre les logiciels de montage », explique M. Gaboury.

Il pense à tout. Il s’informe sur les droits d’auteurs pour la musique. « J’ai investi de l’argent pour acheter le matériel, mais surtout énormément de temps. »

La courbe d’apprentissage a été fulgurante. Le temps de la retraite venu, Jean y met encore plus d’efforts et de temps.

Il réussit rapidement à obtenir son certificat pour les opérations aériennes spécialisées. Il a ainsi présenté 5 projets à Transports Canada, comme s’il devait piloter un hélicoptère ou un avion.

Il s’est trouvé de premiers clients et quelques contrats. Puis, en juin dernier, lorsque la loi a été modifiée, Jean a passé l’examen en ligne lui permettant de piloter son drone en zone restreinte.

« Il n’y en a pas beaucoup qui l’ont, car l’examen est complexe. Il y a beaucoup de gens qui l’échouent », souligne le retraité.

Un rêve

Aujourd’hui, à 64 ans, Jean ne manque pas de travail. Il est sollicité de toutes parts à Québec. « Oui, j’ai des contrats. Ça permet de payer l’équipement comme une caméra et faire des petits voyages », indique-t-il.

Par exemple, il réalise des images pour le mégachantier de Médicago à Québec, une entreprise qui produit des vaccins. Il a aussi un contrat pour capter des images du Domaine de la faune.

Dès qu’il fait beau, Jean fait voler son drone.

Au-delà des contrats, Jean Gaboury admet rêver à une exposition artistique.

« Je m’aperçois que faire de la photographie aérienne, c’est vraiment un plaisir. On a une perspective très particulière. Actuellement, je développe mon expertise pour avoir des photos de qualité et probablement, un jour, tenir une exposition ».