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Legault se trompe de cible

Le gouvernement a contribué aux hausses de tarif, pas juste Hydro-Québec

Énergie éolienne
Photo d'archives Québec a contribué aux hausses de tarifs en imposant des projets, comme les éoliennes.

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Débusquer les fausses nouvelles, vérifier les déclarations des politiciens, trouver les vrais chiffres : les recherchistes de notre Bureau d’enquête, basées à Montréal, Québec et Ottawa, 
se spécialisent dans l’art de rétablir les faits. Chaque samedi, elles vous présentent leurs trouvailles pour vous permettre d’y voir plus clair dans l’actualité de la semaine.


L’ÉNONCÉ

Encore cette semaine, le premier ministre François Legault a dû justifier sa décision d’imposer une hausse des tarifs d’électricité en fonction de l’inflation, plutôt que laisser la Régie de l’énergie en décider à partir de plusieurs critères reliés aux coûts de fonctionnement d’Hydro-Québec.

« Les tarifs sont décidés chaque année à partir des augmentations de dépenses d’Hydro-Québec. Ça veut dire concrètement que plus les dépenses augmentent, plus les tarifs peuvent augmenter. Ça va contre le principe de base de bonne gestion, » a déclaré M. Legault, plus tôt au mois d’octobre.

LES FAITS

François Legault confond bonne gestion et ingérence gouvernementale. Dans le passé, Hydro-Québec a augmenté ses tarifs à des niveaux plus élevés que l’inflation, principalement à cause des projets d’éoliennes et de petites centrales qui lui ont été imposés par le gouvernement alors qu’il y avait déjà des surplus d’électricité. Les coûts de ces projets excédentaires, estimés à 2,5 milliards $ par la vérificatrice générale en 2018, ont été refilés sur la facture d’électricité.

Le gouvernement Legault aurait donc pu se contenter de ne pas lancer de nouveaux projets d’éoliennes à court terme, comme il s’est engagé à le faire. En imposant une hausse liée à l’inflation, il se pourrait donc que les Québécois paient plus que ce qui aurait été statué par la Régie de l’énergie.

Le chiffre de la semaine : 9

C’est le nombre de fois, depuis 50 ans, que le parti porté au pouvoir à la suite d’une élection fédérale générale n’a fait élire aucun député dans au moins une province.

Aucun député du Parti libéral du Canada (PLC) n’a été élu en Alberta et en Saskatchewan le 21 octobre. Pourtant, cette formation a été choisie pour former le nouveau gouvernement.

Selon une compilation de la Bibliothèque du Parlement, ce genre d’événement est survenu à huit autres reprises depuis l’élection de 1965, soit 53 % du temps.

En effet, cette situation s’est présentée lors de neuf élections générales sur 17. L’Alberta n’a pas voté pour le parti nommé au pouvoir lors de cinq scrutins, qui ont tous couronné le PLC.

Le Québec a toujours eu au moins un député du parti élu au pouvoir. Pour cet exercice, nous avons exclu les trois territoires représentés chacun par un député. 

– Sarah Daoust-Braun