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Prendre le REER de conjoint pour maximiser sa retraite

Growing money tree.
Illustration Adobe Stock

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Le principe du REER de conjoint est simple : il permet de cotiser dans le REER du conjoint, sans toutefois excéder ses propres droits de cotisation, puis de réclamer les déductions équivalentes dans sa déclaration de revenus personnelle. Cela n’affecte pas les droits de cotisation du conjoint, qui pourra, s’il le souhaite, contribuer jusqu’au montant maximum auquel il a droit. 

Le but recherché ? Bâtir une épargne à peu près équivalente pour chaque conjoint au moment de la retraite. Cette stratégie présente plusieurs avantages, en voici quelques-uns.

Durant la vie active

« Le REER de conjoint est un outil de placement qui peut aider à optimiser les revenus à la retraite », explique Jean-Pierre Bétie, conseiller en sécurité financière de l’Équipe Jean-Maurice Vézina. Prenons l’exemple de Christiane, 40 ans, et Nicolas, 34 ans, un couple marié. Elle gagne 105 000 $ par an et dispose d’un généreux fonds de pension à prestations déterminées. Le revenu annuel de son conjoint est de 40 000 $, et il ne bénéficie pas d’un fonds de pension.

Avec deux enfants à charge, une hypothèque, un prêt automobile et plusieurs autres dépenses, ils ne disposent pas des ressources financières pour maximiser leurs cotisations REER. Christiane pourrait en effet contribuer jusqu’à concurrence de 9500 $ par an en raison du facteur d’équivalence, et Nicolas jusqu’à 7200 $ par an. Or, ils ne disposent que d’un budget de 100 $ par semaine pour leurs cotisations REER, soit 5200 $ par an.

« La meilleure stratégie consiste d’abord à utiliser l’espace REER de Christiane, puisque ses cotisations généreront un remboursement d’impôt plus intéressant, son revenu étant le plus élevé des deux », conseille Jean-Pierre Bétie. Son taux marginal d’imposition atteint 46 %, et celui de Nicolas 28 %. Mais pour optimiser les cotisations du couple et le fractionnement du revenu à la retraite, les versements doivent être faits dans un REER de conjoint au nom de Nicolas.

Mieux encore, Christiane pourrait effectuer un prêt REER de 4000 $ en février, à remboursement différé de six mois, ce qui lui permettrait d’avoir une cotisation totale annuelle de 9200 $. Cela engendrera un remboursement d’impôt approximatif de 4200 $ qui servira à rembourser intégralement le prêt REER. D’une pierre, deux coups !

À la retraite

Quelles seront les retombées positives pour le couple s’il a appliqué la même recette chaque année jusqu’à la retraite ? Les revenus seront équilibrés, et la facture fiscale combinée sera moins salée qu’aurait pu l’être la facture individuelle de Christiane, qui, elle, touchera également un généreux fonds de pension. Par exemple, si elle retirait un montant de 70 000 $ de ses REER, son taux marginal d’imposition serait bien supérieur que si le couple retirait chacun 35 000 $. « Cela évitera aussi que la pension de sécurité de la vieillesse de Christiane soit amputée parce ses revenus de retraite sont trop élevés », mentionne Jean-Pierre Bétie.

De plus, advenant le cas où Christiane poursuivrait sa carrière au-delà de 71 ans, l’âge limite pour cotiser à son REER, rien de l’empêcherait cependant de verser des sommes dans le REER de conjoint.

« Cela aurait été impossible dans son REER personnel, car il doit obligatoirement être viré dans un FERR avant la fin de l’année où elle atteindra ses 71 ans », rappelle le conseiller en sécurité financière.

Conseils

  • Si vous êtes conjoint de fait, sachez que l’argent que vous avez cotisé au REER de conjoint ne vous appartient plus ! Prévoyez un contrat de vie commune incluant une clause de partage de ces sommes en cas de séparation. Si vous êtes mariés, les montants seront soumis aux règles du partage du patrimoine familial.
  • Rappelez-vous de la règle d’attribution des trois ans, aussi appelée « règle des trois 31 décembre » : en vertu de celle-ci, le conjoint ne peut retirer la cotisation au REER durant l’année civile où elle a été effectuée ni durant les deux suivantes. S’il le fait, c’est le conjoint cotisant qui devra payer des impôts sur le montant retiré.
  • La Pension de sécurité de la vieillesse versée par le gouvernement fédéral est récupérée progressivement à partir d’un revenu brut de 75 910 $ et disparaît entièrement à partir de 126 058 $ (pour 2019). Faites bien vos calculs pour ne pas perdre des plumes !