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Rester ou partir, une décision à planifier

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Fin 2015, Linda Prévost et Serge Desjardins ont contacté un planificateur financier indépendant. Ils souhaitaient obtenir un avis objectif sur leur situation financière. Pouvaient-ils s’offrir dès maintenant leur retraite de rêve ?

À 58 ans, M. Desjardins travaillait à l’époque comme cadre dans une papetière au nord de Montréal, tandis que Mme Prévost, 55 ans, était aide-cuisinière en milieu scolaire.

M. Desjardins avait le droit de toucher sa pleine rente de retraite de son fonds de pension, mais, comme son industrie était en déclin, il était tenté de retirer l’ensemble de ses actifs pour les faire administrer hors du régime. Parallèlement, ils cherchaient à savoir s’ils avaient les moyens de ralentir la cadence. Fatigués par des décennies de dur labeur, pouvaient-ils travailler à temps partiel jusqu’à ce que l’heure de la retraite sonne ?

La rente ou l’enveloppe ?

M. Desjardins avait trois choix : opter pour sa pleine rente dès le printemps suivant, reporter sa retraite, mais sans avantage supplémentaire, ou déplacer toute la valeur accumulée dans des régimes personnels, soit une part dans un REER, une autre dans un compte de retraite immobilisé (CRI), et une somme importante en argent.

Le planificateur a élaboré divers scénarios, analysé les conditions du régime et mesuré les conséquences de chacun des choix. Non seulement l’aspect budgétaire a dû être évalué, mais il fallait penser à la solvabilité du régime et la transmissibilité aux héritiers. C’est principalement sur cet aspect que la décision fut prise.

Lorsqu’on choisit la rente de retraite, on ne peut plus revenir en arrière. Au décès de Serge, 60 % de sa rente aurait pu être transféré à Linda. Mais, au décès de celle-ci, rien n’aurait pu être versé aux héritiers.

Liberté confirmée

En choisissant la troisième option, Serge et Linda conservaient davantage de contrôle sur la gestion des économies familiales et avaient maintenant la certitude que le solde total de leur patrimoine pourrait être transmis à leurs fils.

M. Desjardins a donc pu continuer à travailler pour le même employeur, mais sur une base contractuelle avec un nombre d’heures plus raisonnable.

Le Journal a pris de leurs nouvelles récemment. Ils étaient en voyage en Europe et se la coulaient douce. Après neuf mois de semi-retraite, Serge a conclu que la vision de son employeur ne correspondait plus à la sienne. Se sachant autonome financièrement, il n’a pas renouvelé son contrat.

Ils ont vendu la maison en ville et ont déménagé au bord d’un lac dans les Laurentides. L’expérience de la semi-retraite­­­ a été révélatrice. Il était temps de profiter au maximum des prochaines années, pendant qu’ils ont la santé.