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Un historien au milieu de la nature

<b><i>Histoires naturelles</i></b><br/>Jean Provencher<br/>Éditions Del Busso<br/>160 pages
Photo courtoisie Histoires naturelles
Jean Provencher
Éditions Del Busso
160 pages

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L’historien Jean Provencher est surtout connu pour Les Quatre Saisons dans la vallée du Saint-Laurent, vendu à des milliers d’exemplaires. C’est un historien qui vit collé à la nature qui l’entoure, et il se propose de nous faire partager ses découvertes, photographies à l’appui.  

Dans Histoires naturelles, il nous convie, en fait, à une histoire du monde, celui des plantes, des insectes et des animaux (dont nous faisons partie). Ce livre pourrait s’inscrire dans la trajectoire du livre précédent dont j’ai parlé dans ces pages sur La préhistoire du Québec de Patrick Couture, mais sans le côté scientifique.  

Il y a quelque 120 millions d’années, nous dit Provencher, apparurent les premières plantes à fleurs. Ces fleurs, dont le nectar servait à nourrir ces agents pollinisateurs que sont les insectes, produisaient ensuite des fruits, qui servaient à nourrir les animaux. Or, les églantiers, vous savez, ceux qu’on appelle aussi rosiers sauvages, produisent un fruit qui ne sert à rien, un « faux fruit » non comestible dont ne veulent même pas les écureuils et les oiseaux. Et moi qui croyais qu’on pouvait en faire des confitures.  

L’auteur nous apprend que l’herbe à dinde (ou millefeuille en France) est une des espèces les plus répandues dans nos forêts québécoises mais aussi un peu partout dans le monde. Elle aurait aussi des propriétés médicinales, dont celle de diminuer les démangeaisons dues à un contact avec l’herbe à puce ou celle de cicatriser certaines plaies.  

Bourdon  

Que dire maintenant du bourdon, ce butineur imparable qui ne serait peut-être qu’une abeille devenue grosse et velue « voilà 30 à 40 millions d’années, au moment d’une période de refroidissement ». Au Québec, il y aurait six espèces de bourdons, sur les 250 espèces dénombrées sur Terre. La majorité des enfants le craignent et pourtant sa piqûre est moins douloureuse que celle de la guêpe. Provencher s’est même attardé à en flatter doucement quelques-uns du bout de son index sans qu’il lui arrive quoi que ce soit. Et s’il lui est arrivé de se faire piquer par l’un d’eux, c’est qu’il avait failli en écraser un sans le savoir. « La piqûre fut aussi anodine que celle de l’infirmière pour un bilan de santé. » Il lui arrive même de les nourrir, à la fin de l’été, lorsque les fleurs se font rares, en leur servant une assiette d’eau sucrée, la même qu’il donne aux colibris en été. On apprend que les maraîchers, surtout les producteurs de tomates en serre, préfèrent le bourdon à l’abeille. Arrêtons donc de nous faire du mauvais sang lorsque nous apercevons un bourdon. Il a lui aussi son utilité, même si c’est un fils déchu qu’on a chassé de la ruche.   

On en apprend aussi un peu plus sur les papillons, ces grands voyageurs dont certains peuvent vivre jusqu’à un an. Le cas du monarque est sans aucun doute le plus spectaculaire à cause de ses migrations et ses va-et-vient entre le nord et le sud.   

Mal-aimées   

Provencher nous présente ensuite d’autres petits habitants de son territoire, dont les araignées, ces mal-aimées. Certaines de leurs toiles peuvent mesurer jusqu’à un mètre de largeur. Ces toiles servent à capturer leur nourriture vivante, un insecte qu’elle s’empressera d’immobiliser à l’aide de ses crocs qui secrètent un venin chargé d’insensibiliser sa proie.  

Les oiseaux sont beaucoup plus intéressants à mes yeux. Provencher nous apprend qu’il a découvert un oiseau inconnu dont on ne parle jamais dans les guides d’identification ornithologiques, le tarin des pins, dont la caractéristique est de briser les codes. « Il niche au hasard, qu’importe l’endroit, ne montre pas de dates définies pour les migrations. [...] Aucune loi de la nature ne les enferme. »  

On referme cet ouvrage et on se dit qu’on n’observera plus jamais la nature de la même façon.