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Règlement de compte familial

Les serpents
Photo courtoisie, Théâtre de l'Opsis

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Le Théâtre Espace Go présentera Les serpents, une pièce contemporaine des plus insidieuses de l’auteure française Marie NDiaye. On y fera la rencontre de trois femmes et un homme, ou plutôt un tyran, qui aurait tué son propre fils en le laissant enfermé avec des serpents. De quoi donner des frissons dans le dos.

Cruauté et barbarie, voilà ce qui attend les spectateurs qui iront voir Les serpents, une pièce qui se verra comme un polar. Les horreurs se trouvent un peu partout. Pour preuve, la pièce est campée en France, le jour de la fête nationale, dans une maison isolée entourée d’un champ de maïs. Là, comme ailleurs, on peut témoigner des pires gestes. Un père laisse son enfant Jacky enfermé dans une cage à serpents, pour que les reptiles le dévorent jusqu’à ce que mort s’ensuive. Peut-on trouver crime plus atroce, plus dégoûtant ?

À l’évidence, l’auteure Marie NDiaye a beaucoup d’imagination, elle qui a obtenu des prix littéraires. « J’ai lu tous ses romans, et les thèmes passion et cruauté y reviennent », confie Catherine Paquin-Béchard qui figure dans la distribution. Même s’il sera beaucoup question du père vampirique, celui-ci ne sera pas présent sur scène. Celles que l’on verra, ce sont trois femmes. « Elles ont toutes un but distinct », annonce la comédienne.

La première est la mère du tyran, madame Diss, interprétée par Isabelle Miquelon, une femme aux prises avec des problèmes financiers qui se rend chez son fils, espérant lui soutirer de l’argent. Mais on ne la laissera pas entrer dans la maison au milieu des champs de blé. Elle devra demeurer sur le seuil de la porte, où elle rencontrera France, personnifiée par Catherine Paquin-Béchard, la femme de son fils. Comme par hasard, l’ex-femme de son fils, Nancy, incarnée par Rachel Graton, est aussi présente. Le despote est donc là avec ses deux femmes, dans une ferme isolée, réglant les entrées et sorties. Le bourreau a d’autres enfants, mais personne n’a le droit d’entrer ni de sortir de la maison.

Réparer le passé

Madame Diss, qui a aussi son passé, en raison de ses mariages successifs, espère en quelque sorte réparer le passé et redonner vie à son petit-fils mort entouré de serpents. Pour y parvenir, elle souhaite que sa bru, France, puisse rencontrer le père de son fils, un de ses anciens maris, et qu’elle puisse avoir un fils avec lui, un enfant donc qui aurait une génétique proche, une manière de faire revivre l’enfant décédé atrocement. France deviendrait symboliquement la mère de son époux. Plutôt tordu comme concept. Mais n’importe quoi pour se faire remarquer.

Changement d’identité

Madame Diss semble connaître la vérité sur le destin tragique de son petit-fils. Nancy, l’ex, souhaite de son côté découvrir la vérité sur les événements passés et pour y arriver, elle a l’habitude d’observer la maison de loin depuis les champs de maïs. Elle porte encore le deuil.

Autre fait étrange, la femme actuelle et l’ex vont échanger leur identité. Peut-être pour parvenir à se soustraire à ce tyran toujours violent, ou est-ce une façon de découvrir la sordide vérité ? On nous dit qu’au final, on assistera à un règlement de compte. Certes, une histoire aussi monstrueuse que scandaleuse.

Les serpents

  • Auteur : Marie NDiaye
  • Mise en scène : Luce Pelletier
  • Distribution : Rachel Graton, Isabelle Miquelon et Catherine Paquin-Béchard
  • Du 12 novembre au 7 décembre
  • Au Théâtre Espace Go