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Combattre ses monstres

La pièce Dévoré(s), présentée au Théâtre Périscope, est une incursion totale dans l’horreur et l’anxiété

Dévoré (s)
Photo Courtoisie, Maxim Paré Fortin Une famille et son entourage participent à une émission de téléréalité qui a remplacé la fête de l’Halloween. On retrouve un étrange laitier (Hugues Frenette), la mère (Lise Castonguay), l’ami Félix (Dayne Simard), le fils Michaël (Mathieu Richard) et sa copine Élie (Ariane Bellavance-Fafard). 

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Les monstres intérieurs sont parfois difficiles à vaincre. La pièce Dévoré(s) plonge avec une imagerie puissante et explicite dans cette lutte intérieure.

Pour sa troisième création, Jean-Denis Beaudoin a choisi d’exploiter à fond le théâtre de l’horreur.

À l’affiche jusqu’au 16 novembre au Théâtre Périscope, Dévoré(s) se déroule le jour de l’Halloween. Une mère et son fils, comme la majorité de la population, ne quittent plus leur résidence. La peur rôde à l’extérieur et les gens vivent barricadés.

La traditionnelle fête de l’Halloween, qui n’existe plus, a été remplacée par une émission de téléréalité.

Les gens qui désirent jouer sont filmés dans leur résidence et les 20 maisons les plus populaires, selon les votes des téléspectateurs, accéderont à la ronde finale. Le gagnant remportera cinq millions de dollars.

La mère invite Élie, la copine de son fils Michaël, son ami Félix, qui est accompagné par une étrange connaissance et un inquiétant livreur de lait, afin de tenter sa chance.

Tout au long de la première heure et demie, Jean-Denis Beaudoin installe, avec une musique sinistre et des personnages étranges, un ton et un univers angoissant.

Dévoré(s), qui s’adresse aux 16 ans et plus, s’intéresse à l’anxiété et se demande jusqu’où les gens peuvent aller pour remporter une émission de téléréalité.

Plongée graphique

Et tout à coup, dans le dernier droit, on plonge dans un théâtre de l’horreur visuellement très graphique et que l’on voit rarement au Québec.

On se retrouve dans une délirante séquence où Michaël est confronté à ses monstres intérieurs. Un changement de ton important versus l’atmosphère angoissante habilement mise en place. On va très loin dans l’imagerie choisie. Peut-être un peu trop. L’horreur suggérée est souvent doublement efficace.

Il faut saluer l’audace du jeune auteur qui offre un théâtre différent. Il tente des choses et ceci va lui permettre de définir son terrain de jeu.

Dévoré (s) bénéficie d’une distribution de qualité. Jean-Denis Beaudoin, Ariane Bellavance-Fafard, Lise Castonguay, Hugues Frenette, Mathieu Richard et Dayne Simard, qui excellent tous, dans l’étrangeté des personnages représentés.