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L’écosystème économique du Québec

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 Comme les prévisions météorologiques, l’avenir économique n’est jamais complètement certain. Mais les nuages qui s’accumulent sur le front de l’économie internationale deviennent menaçants. Nous nous sommes sortis assez rapidement de la tempête de vent des derniers jours parce que nous pouvions compter sur Hydro-Québec. Comment nous protégerons-nous de bourrasques économiques qui menacent de balayer le monde ? 

 Nous sommes passés d’un monde où régnaient deux superpuissances, l’Union soviétique et les États-Unis, à un monde qui n’est dominé par aucune superpuissance. 

 Mais une nouvelle superpuissance émerge : la Chine. Une Chine qui veut réécrire les règles sur lesquelles le commerce mondial était jusqu’à présent fondé.

  • Loïc Tassé était à l'émission Politiquement incorrect sur QUB radio:

 Un nouveau monde international 

 Même les États-Unis ne veulent plus suivre les anciennes règles. 

 L’exemple le plus frappant est la nouvelle politique de Washington à l’égard de l’Organisation mondiale du commerce : le gouvernement américain refuse que de nouveaux juges y soient nommés. D’ici la fin décembre, les juges qui restent ne seront plus assez nombreux pour arbitrer de nouvelles disputes commerciales entre les pays. 

 Pendant ce temps, les blocs économiques régionaux se renforcent. Les États-Unis menacent de renégocier périodiquement tous les accords commerciaux qu’ils ont conclus avec leurs partenaires économiques. La Chine convoite de plus en plus tous les marchés, y compris ceux de niches. 

 Et le Québec là-dedans ? Comment son économie pourra-t-elle résister contre cette nouvelle ère économique et continuer à prospérer ? 

 Protéger l’écosystème québécois 

 Le Québec possède un écosystème économique unique. Comme tous les écosystèmes, il est à la fois résilient et fragile. Il est résilient quand tous les acteurs comprennent qu’ils dépendent les uns des autres pour continuer à prospérer. Il est fragile quand certains des acteurs décident d’abandonner le bien-être du système pour rechercher un bénéfice immédiat. 

 Par exemple, quand une entreprise québécoise décide d’acheter une pièce d’équipement en Chine parce que cette pièce y coûte un peu moins cher à fabriquer qu’au Québec, cette entreprise contribue à affaiblir l’ensemble de l’écosystème économique du Québec. 

 Chaque secteur de l’économie du Québec est construit sur un certain nombre d’entreprises structurantes dont la perte serait désastreuse pour l’ensemble du secteur. Ces entreprises sont insuffisamment reconnues et protégées. 

 Faire comme en Asie 

 Les économies asiatiques qui nous mènent une féroce concurrence protègent leurs écosystèmes économiques. Elles n’achètent pas à l’extérieur de leur écosystème à moins que cela ne soit absolument nécessaire. Elles ne laissent pas des capitaux étrangers prendre le contrôle de leurs industries structurantes. 

 Pourquoi Hydro-Québec est-elle si forte et si résiliente ? Parce qu’au-delà d’être un monopole d’État, la compagnie fait travailler ensemble ses différentes composantes ainsi que les compagnies québécoises chez qui elle s’approvisionne. 

 Face aux tempêtes économiques qui se préparent, les entreprises québécoises ont le choix. Elles peuvent décider de faire cavalier seul, sans égard pour l’écosystème économique où elles ont prospéré. Ou alors elles peuvent pleinement réaliser que la vraie compétition ne se trouve pas chez le voisin d’à côté, mais à l’international. 

 Les règles du jeu changent et ces règles seront de plus en plus asiatiques. Nos entreprises et nos gouvernements ont intérêt à le comprendre rapidement et à acquérir les réflexes de solidarité qui caractérisent les économies asiatiques.